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Bassin de l’Anambé: l'accès à la terre bloque la production des femmes agricultrices

Accueil / 16 juillet 2014

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– Le manque de moyens, le faible accès au financement et à la terre freinent considérablement l’ardeur de plusieurs productrices du bassin de l’Anambé dans la région de Kolda (Sud), a appris sur place un reporter de l’APS.

‘’Nous n’avons pas les moyens d’exploiter à volonté ce bassin. Les tracteurs qui sont là ne sont en très bon état. Ils ne sont pas du tout performants. Et sans matériel adéquat, nous n’arrivons pas à produire en grande quantité’’ a expliqué Fatoumata Sabaly, présidente du GIE ‘’Wakilaré Fouladou’’.

La structure est composée essentiellement de femmes de Soutouré, un village qui abrite le siège local de la Société de développement agricole et industriel (SODAGRI).

Mme Sabaly s’est confié à l’APS lors d’une tournée qui s’inscrit dans le cadre d’un projet de journalistes en droits de l’homme initié par le Bureau régional des Nations Unies auxdDroits de l’homme et Article 19.

‘’Il y a de l’eau dans ce bassin. Il y a aussi un système de pompage, mais ce sont les terres qui sont très insuffisantes par rapport à nos ambitions de cultiver pour arriver à nous autosuffir en riz’’, a-t-elle indiqué.

C’est pourquoi, elle demande aux autorités de réhabiliter le bassin et faciliter aux travailleurs l’accès aux financements, aux intrants et au matériel agricole, en vue d’inciter les producteurs à redoubler d’ardeur.

‘’Nous demandons également aux autorités de réhabiliter ce bassin, nous faciliter l’accès aux financements agricoles, aux matériels et intrants agricoles. Ici, nous sommes tout à fait disposés à exploiter ce bassin et produire du riz’’, a dit Mme Sabaly.

‘’Pour exploiter correctement ce bassin, il nous faut des tracteurs, des moissonneuses-batteuses, des intrants agricoles de qualité, fournis à temps, mais pour cela, il faut des moyens. Ce bassin à lui tout, s’il est bien exploité, peut nourrir toute la Casamance et même au-delà’’ a-t-elle assuré.

De nombreux autres GIE de femmes intervenant dans ce bassin dont ‘’Dental Wakilaré’’, dans la commune rurale de Kandiaye, dans le département de Vélingara, sont aussi confrontés à des situations similaires qui constituent, selon leurs membres, un obstacle à la production.

‘’Nous avons de sérieuses difficultés pour travailler. Notre GIE exploite deux parcelles, mais à actuellement, nous n’avons qu’une seule parcelle. Il n’y a pas de place pour nous et pourtant nous sommes capables d’exploiter au moins quatre hectares’’, a expliqué Halimatou Baldé, présidente de ‘’Dental Wakilaré’’.

De plus, a-t-elle soutenu, son GIE travaille  »sans moyens, sans matériel, aucun appui » et ses membres comptent juste sur leur volonté, leur engagement et leur détermination.

Selon elle, son GIE, constitué de femmes de Namara et Saré Yérodji, se débrouille pour exploiter le peu d’espace que lui octroie le conseil municipal.

Elle a soutenu que le conseil municipal de Kandiaye est ‘’conscient’’ que son GIE peut exploiter correctement plus de quatre hectares dans le bassin.

‘’Avec des moyens, nous pouvons exploiter plus et nous sommes disposées à aller dans d’autres secteur que couvre le bassin. Ici, les vrais travailleurs sont négligés. Nous voulons travailler, aider nos famille et contribuer à la réduction de la faim et de la pauvreté, mais l’accès à la terre pose problème, les moyens nous manquent’’, ajoute Halima Baldé.

‘’Pire, chaque année, on nous fait changer de parcelles. C’est une perte, ce n’est bien de laisser quelqu’un exploiter un espace, y mettre suffisamment d’engrais, l’entretenir, la mettre en valeur, et l’année suivante se retrouver sur autre site’’ a-t-elle fait savoir.

Dans cette zone, ces problèmes soulevés par des responsables de GIE de femmes sont  »réels » et des structures comme des radios communautaires travaillent pour changer les comportements.

‘’Les femmes ont certes accès à la terre, mais c’est encore très insuffisant par rapport à leur engagement, leur possibilité d’exploiter de vastes superficies », a expliqué Hamadou Kandé, animateur à la radio communautaire ‘’Tewdu FM’’ de Diaobé.

 »Dans le bassin et les vallées, une femme dépasse rarement 1,5 hectare, même si elle a la volonté et la possibilité d’exploiter plus’’, a-t-il déclaré

Selon lui, il est fréquent de voir un GIE de femmes de 50 membres très dynamiques mais qui  »n’arrivent pas à obtenir 5 hectares’’.

‘’C’est une culture locale qui fait que la femme vient en seconde position après l’homme. Ce qui fait qu’elle obtient toujours une part congrue dans le partage de la terre’’, a expliqué M. Kandé.

Cependant, a-t-il assuré, sa radio travaille grâce à des émissions ‘’très bien suives’’ à contribuer à changer les mentalités en vue de donner à la femme sa ‘’vraie valeur’’.

‘’A travers notre radio, nous animons des émissions pour tenter de changer les mentalités, les comportements. Et nous commençons à enregistrer des résultats, parce que nos émissions sont très suivies. De plus en plus, nous voyons des résultats palpables’’, a souligné Kandé.
APS


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