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Makacoulibantang : plus de 100 troncs de venne saisis à la frontière avec la Gambie

Accueil / economie verte / 21 janvier 2015
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Des agents de l’inspection régionale des eaux et forêts de Tambacounda ont saisi plus de 100 troncs de venne coupés dans le massif de Makacoulibantang et interpellé 9 personnes supposées être impliquées dans un trafic de bois d’œuvre en direction de la Gambie voisine, a indiqué mercredi, le responsable de ce service, Pape Alassane Ndiour.

Les agents des eaux et forêts ont été informés par un surveillant de la forêt aménagée du massif de Maka de la présence de 60 arbres coupés et déposés vers la frontière avec la Gambie.

 »C’est le 8 janvier qu’on s’est rendu sur le terrain pour voir les 60 troncs, mais le lendemain 9 janvier quand on s’est rendu sur place pour (les) prendre on a vu qu’au lieu de 60, il y avait 107 autres troncs’’, a raconté le colonel Ndiour lors d’un point de presse devant le service régional des eaux et forêts.

Cette saisie de 167 troncs précisément, d’une valeur estimée à près de 6 millions de francs CFA, à raison de 35.000 francs CFA l’unité, est la première de cette ampleur, à être effectuée dans la région, a noté Pape Alassane Ndiour.

Il signalé que jusque-là Tambacounda était ‘’épargnée’’ par ce trafic de bois en direction de la Gambie et qui avait déjà commencé dans les régions frontalières de la Gambie, comme Sédhiou, Kolda et Ziguinchor.

Neuf personnes ont été interpellées dans le cadre d’une enquête qui suit son cours, a relevé le responsable régional des eaux et forêts, ajoutant que le commanditaire de la coupe est un ressortissant gambien qui n’a pu être pris, car se trouvant en territoire étranger.

Les personnes interpellées habitent dans les villages de Demboubé et de Kérékounda, relevant de l’arrondissement de Makacoulibantang, à la frontière avec la Gambie.

De ‘’fortes sommes’’ ont été réclamées en guise de transaction aux auteurs présumés qui, à défaut de les payer, seront déférés devant le procureur, a dit l’inspecteur régional des eaux et forêts, qui a relevé, sans plus de détails, que la sanction pécuniaire est si ‘’lourde’’ qu’ils ne pourront apparemment pas s’en acquitter.

Pour le moment, en raison d’un manque de moyens logistiques, malgré les ‘’efforts de l’Etat’’, seuls 130 troncs ont été transportés jusqu’à Tambacounda et entreposés devant l’inspection des eaux et forêts, a indiqué le colonel Ndiour.

‘’Malheureusement pour nous, les Gambiens en ont profité pour emmener 35 troncs dans leur territoire’’, a-t-il poursuivi, notant que deux grands troncs particulièrement gros n’ont pu être embarqués.

Ces 167 pieds de venne, une espèce intégralement protégée, qui poussaient à l’état naturel, ont été abattus à la tronçonneuse en trois jours, sur une superficie d’environ 2 hectares, a indiqué le colonel, qui voit par là la preuve de l’existence d’un ‘’réseau’’.

Le venne est très prisé comme bois d’œuvre, notamment pour sa résistance.

Tout en assurant que ses services effectueront davantage de patrouilles pour une surveillance de la forêt, le colonel Ndiour, compte également sur une plus grande sensibilisation des populations riveraines.

‘’Ce qui pose problème, c’est qu’il y a une complicité des populations’’, a noté Pape Alassane Ndiour, d’après qui, les enquêtes ont montré que le cerveau de ce trafic aurait promis aux habitants des villages de Demboubé et de Kérékounda, riverains de ce massif forestier, de leur curer deux puits qui ont tari. Une façon pour lui, d’acheter leur silence.

Il a souligné le ‘’déficit de personnel’’ qui frappe son service, avec un agent technique des eaux et forêts par arrondissement, là où il en faudrait ‘’trois ou quatre’’. Toutefois, une brigade a été créée, pour faire office de police forestière, et venir en appoint, a-t-il dit.

‘’Même si on avait une pléthore d’agents, si les populations ne jouent pas leur rôle – l’environnement étant une compétence transférée -, il sera difficile pour nous d’avoir des résultats probants’’, a t-il relevé.  »On ne peut pas mettre un forestier au pied de chaque arbre’’, estime le colonel Ndiour.

Il a évoqué la nécessité d’ ‘’activer’’ le dispositif régional regroupant les forces de défense et de sécurité pour lutter contre ce ‘’fléau’’.

La poursuite de l’aménagement des forêts fait aussi partie de la solution, puisque cette politique permet d’organiser les populations, afin qu’elles puissent tirer profit de la forêt et par conséquent, être motivées par la protéger. Le massif forestier de Makacoulibantang en est à sa première année d’aménagement.


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