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Cueillette et vente d’huîtres : Des activités qui améliorent le quotidien de nombreuses familles à Ziguinchor

Accueil / agriculture-peche-foret / economie verte / 4 mars 2015

huitresLes femmes de la région de Ziguinchor, qui se livraient au maraîchage, la cueillette et la vente de produits forestiers et de fruits pour faire bouillir la marmite, se tournent, de plus en plus, vers d’autres activités génératrices de revenus, présentant moins de risques pour leur sécurité, à cause de la présence de mines dans certaines zones de production. C’est le cas de l’exploitation des huîtres, dans les mangroves.

« Depuis que les accidents par mines ont commencé à s’accentuer dans la région (départements d’Oussouye, de Ziguinchor et de Bignona), nous avons arrêté toute activité susceptible de nous exposer à des dangers », a confié la dame Djirinkéne Badji, la quarantaine révolue. Actuellement, elle s’est convertie à la cueillette et à la vente d’huîtres. Elle a pignon sur rue, à l’entrée du quai de pêche de Boudody, précisément au pied du ponceau qui enjambe le fleuve Casamance à cet endroit de la ville de Ziguinchor. Djirinkéne Badji, sa tante et ses cousines évoluent sur le côté gauche, bénéficiant de l’ombrage d’un bosquet. Nous les avons trouvées, hier matin, assises sur des bidons vides usés, sous un hangar de fortune, fait de branchages. Elles ont formé trois petits groupes, chacun autour d’un gros panier d’huîtres. Chaque femme est munie d’un couteau avec lequel elle ouvre les coquilles et retire les huîtres, une par une, avant de les mettre dans un bol posé à côté. Sur place, un petit pot d’huîtres bouillies (équivalent d’une petite tasse à café) s’échange contre 300 francs FCfa. Les riverains et autres passants y affluent sans discontinuer, parce que les huîtres constituent un produit très prisé ici. Et le prix peut varier, selon la loi de l’offre et la demande. Le hic, c’est la conservation qui se fait de manière traditionnelle : le produit, qui s’altère vite, est bouilli et séché. Généralement, les huîtres sont séchées pour qu’elles puissent être conservées le plus longtemps possible.

Aux environs du quai de Boudody, comme sur d’autres sites (il y en a une multitude le long des rives du fleuve Casamance), les femmes bouillent les coquilles d’huître dans des bassines pour les ouvrir et retirer la chair. Elles utilisent le bois de chauffe pour faire la cuisson. Celle-ci est pratiquée en plein air. Ce sont également ces femmes qui conduisent elles-mêmes des pirogues et partent dans les « bolongs » (mangroves) pour cueillir les huîtres accrochés aux palétuviers. Ces femmes y restent deux jours et dorment dans leurs embarcations. La dame Djirinkéne Badji raconte que la cueillette des huîtres se fait en saison sèche. « Seulement de novembre à mai », a précisé le chef du service départemental des Pêches de Ziguinchor, M. Souleymane Mballo. A l’en croire, le reste de l’année (juin, juillet, août, septembre et octobre) est interdit à la cueillette des huîtres dans cette partie méridionale du Sénégal. Cette activité a un impact positif sur le quotidien des ménages. « Actuellement, nous vivons mieux grâce à la cueillette et à la vente des huîtres que nous faisons », a expliqué Djirinkéne Badji. Toutes les femmes qui s’adonnent à ces activités parviennent maintenant à entretenir leurs familles et à satisfaire leurs besoins ; ajoute-t-elle. « La cueillette et le commerce des huîtres nourrissent les femmes qui le font », a affirmé cette autre dame, Mme Djiba, originaire du Bandiale (arrondissement de Nyassia). Selon elle, leurs enfants ont de moins en moins de problèmes de santé, de scolarité, d’habillement, etc. En fait, outre les huîtres, les coquilles de ces mollusques sont utilisées dans la construction, pour le remblai des fosses septiques perdues et dans la fabrication d’aliments de volaille. Ce qui rapporte gros aux femmes qui s’activent dans ce secteur d’activité. Un amoncellement de coquilles d’huîtres peut être vendu à 50.000 FCfa.


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