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Météo : mieux vaut prévenir que guérir

Accueil / changements climatiques / 28 mars 2015

Bien sûr, cela suppose de penser sur le long terme, mais les pays du continent auraient tout à gagner à investir dans la recherche sur les aléas climatiques. L’enjeu, économique notamment, est énorme.

Prévoir le temps qu’il fera demain ? À quoi bon, puisqu’il n’est pas encore possible d’enrayer la course des nuages ? Les gouvernements africains commencent pourtant à s’intéresser de près à la science désormais très pointue qu’est la météorologie. La preuve, nombre d’entre eux étaient réunis mi-février à Praia, au Cap-Vert, à l’occasion de la troisième session de la Conférence ministérielle africaine sur la météorologie (Amcomet). « Nous sommes voués à vivre avec des contingences climatiques aléatoires, a insisté le président cap-verdien Jorge Carlos de Almeida Fonseca. Mieux vaut donc pouvoir compter sur les progrès de cette science avérée. Nos pays ne se prêtent plus au jeu de la navigation à vue. »

En la matière, pourtant, la situation n’est guère reluisante sur le continent. « Alors qu’elle représente un cinquième de la superficie totale des terres émergées de la planète, l’Afrique dispose du réseau d’observation terrestre du temps et du climat le moins développé parmi tous les continents, un réseau qui se dégrade et qui n’atteint que 1/8 de la densité minimale exigée par l’Organisation météorologique mondiale [OMM] », constate l’Amcomet. Une analyse qui se vérifie au cas par cas.

À titre d’exemple, si la France dispose de plus de 2 000 points de mesure (pluviométrie, températures, vents, etc.) et de nombreux observateurs bénévoles, le Sénégal – qui fait pourtant partie des pays les mieux équipés du continent – ne compte qu’environ 25 stations météo, 150 employés et 350 postes pluviométriques. Quant au service de météorologie du jeune Soudan du Sud, il se résume à une quarantaine d’employés et à un budget inexistant, si l’on en croit son directeur, Mojwok Ogawi Modo – alors même que le pays est régulièrement en proie à de graves inondations…

L’agriculture souffre d’un manque d’anticipation sur les aléas climatiques

« Il nous faut un plaidoyer au plus haut niveau pour expliquer que la météorologie est un service public, insiste Ousmane Ndiaye, chef du département recherche et développement de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie du Sénégal. Il a certes un coût énorme et ne peut être directement rentabilisé, mais il est essentiel pour la protection des services et des biens. » Que l’aviation ou la navigation maritime aient besoin de prévisions météorologiques ne paraît pas surprenant, mais bien d’autres secteurs ont beaucoup à perdre en n’anticipant pas les aléas climatiques.

D’abord et avant tout, l’agriculture, qui ne peut plus se permettre de fonctionner sur des modèles anciens. « Imaginez le coût, poursuit Ousmane Ndiaye, s’il pleut après que l’engrais a été répandu. Le sol est lessivé, et il ne reste plus qu’à recommencer. De même, si les agriculteurs sèment à la première ondée et que les dix jours suivants sont secs, ils n’ont plus qu’à racheter des semis. »

Les exemples de ce genre peuvent être multipliés à l’infini. En matière d’énergie, l’ensoleillement détermine la possibilité d’installer des panneaux solaires quand la production hydroélectrique dépend d’un bon fonctionnement des barrages – et donc d’une bonne anticipation de l’étiage et des crues. Côté tourisme, certaines activités de plein air ne peuvent être pratiquées sereinement sans un bulletin météo sérieux. Même le domaine de la santé subit l’influence du climat. « Le paludisme, comme d’autres maladies vectorielles, est saisonnier, dit Ndiaye. Prévenus en avance d’un surcroît d’humidité, les gens peuvent réagir et se protéger. Il en va de même avec la poussière, qui favorise les épidémies de méningite. »


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