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Ces risques qui pèsent sur le littoral sénégalais

Accueil / catastrophe / changements climatiques / erosion / 11 avril 2015

La vulnérabilité du littoral sénégalais sera grandement exacerbée par une combinaison de risques naturels. L’économie sera le grand perdant.

En reprenant le rapport ‘’economic and spatial study of the vulnerability and l’adoption to climat change of coastal areas in Senegal’’, août 2013, page 30-38, dans son étude récente relative à la situation économique du Sénégal, la Banque mondiale (Bm) semble vouloir attirer l’attention des autorités sénégalaises sur la gravité des menaces qui pèsent sur le littoral sénégalais.

Pour notre part, en tant que relayeur de l’information, nous avons jugé important et utile de contribuer à cet élan de sensibilisation pour amener les autorités à mieux prendre au sérieux ces menaces en prenant des mesures correctives pour ce qui est déjà détruit du fait de la nature et préventives pour éviter que le pire ne se produise.

En effet, dans son rapport, la Bm donne juste un aperçu des risques naturels sur le littoral sénégalais. D’abord en commençant par rappeler qu’au Sénégal, il est prévu que le réchauffement de la planète dû aux changements climatiques entraînera une montée du niveau des mers de 20 cm d’ici 2030 (période à laquelle est prévue l’émergence du Sénégal) et de 80 cm en 2080.

Ensuite, en faisant une combinaison de cette remontée du niveau des mers avec les prévisions de diminution des précipitations, l’urbanisation croissante et aux risques actuels de crues du fleuve, à l’érosion côtière, à la submersion marine, à la faible capacité de gestion et d’évacuation des eaux de ruissellement au niveau des bas-fonds et des zones urbaines ainsi qu’à l’augmentation de la salinité, pour sonner l’alerte sur la vulnérabilité du littoral sénégalais qui en sera grandement exacerbée.

A titre d’exemple, le rapport note que «d’ici 2080, les trois quarts du littoral sénégalais seront exposés à un risque élevé d’érosion, par rapport au chiffre actuel de 25 pour cent et au risque d’inondations causées par les tempêtes maritimes.» D’après le rapport, ce risque, déjà très élevé (plus de 50 pour cent du littoral est à haut risque), devrait s’étendre aux deux tiers du littoral d’ici 2080.

«A l’embouchure du fleuve Sénégal, la ville de Saint-Louis représente l’exemple le plus extrême de combinaison de risques. Cette ville est déjà soumise à d’importants risques de crues du fleuve qui s’intensifieront avec l’élévation du niveau des mers qui empêchent les eaux de fleuves de se jeter dans l’océan», souligne-t-il. «Ainsi, d’ici 2080, il est possible que 80 pour cent de la ville soient submergés tous les ans», ajoute-t-il.

Evoquant le cas de Dakar, le rapport souligne que «des résultats similaires ont pu être observés dans les quartiers de Pikine et de Guédiawaye, en raison d’un mauvais assainissement et du fait de leur situation immédiate en contrebas du niveau des mers.»

«L’amplification de l’aridité, combinée à l’accroissement de la salinité des sources d’eaux du littoral causée par l’élévation du niveau des mers, pose un risque encore plus élevé de pénurie d’eau dans le court et le moyen terme pour l’ensemble des régions côtières, mais plus particulièrement pour les zones urbaines», indique-t-il.

Accélération de l’érosion côtière

D’après rapport cité par la Banque, 25 pour cent du littoral sénégalais sont actuellement à haut risque d’érosion côtière à cause de l’élévation du niveau des mers ; si l’on y ajoute l’urbanisation et l’extraction de sable, ce nombre devrait passer à 75 pour cent en 2080.

Et le rapport de rappeler la récente fermeture par l’Etat de deux carrières d’extraction de sable pour réduire la vulnérabilité du littoral aux changements climatiques.

1.500 milliards FCFA de pertes économiques

Il ressort de l’analyse de l’étude de la Banque mondiale sur la montée du niveau des mers et de l’érosion côtière, que la valeur actualisée nette de tous les coûts, c’est-à-dire du Can (Coût actualisé net) dans les trois sites ciblés (Saint-Louis, Rufisque-Bargny et Saly, Mbour), est estimée à 1.500 milliards FCFA.

Le coût de l’érosion côtière et de submersion marine est estimé à 344 milliards FCFA. Le Can d’inondation côtière au-delà de Saint-Louis, essentiellement en raison de crues, revient à environ 389 milliards FCFA. Le Can des inondations à Saint-Louis s’élève à 818 milliards FCFA et représente plus de la moitié du total des dommages estimés. Le Can de toutes ces pertes économiques représente près de 25 pour cent du produit intérieur brut (Pib) de 2010, et environ 35 pour cent du Pib du littoral sénégalais.

Ainsi, la sonnette d’alarme est tirée. Reste maintenant aux autorités de prendre toutes les dispositions nécessaires pouvant éviter ces situations catastrophiques.


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1 commentaire

sur 15 April 2015

sujet interessant que la pupolation n’eglige mais attendons de voir une catastrophe apres les gens se rendrons compte



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