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Avancée de la mer dans la Langue de Barbarie : Une lutte continuelle pour sauver l’écosystème

Accueil / catastrophe / changements climatiques / 29 avril 2015

Le spectacle est époustouflant. A perte de vue, la beauté de l’eau du fleuve du Gandiol étend son lit. Au milieu de cette étendue, la beauté de la nature fait oublier, pour quelques minutes, le drame qui a frappé et qui continue de frapper les populations environnantes. Les éco-gardes et gardes forestiers, en poste au Parc nationale de la Langue de Barbarie, ramènent très vite à la réalité. Après plus d’une quinzaine de minutes de traversée en pirogue, ils pointent du doigt l’horizon. Au loin, d’énormes vagues s’entrechoquent à côté de la quasi-quiétude de l’eau du fleuve. Un spectacle impressionnant et tout aussi incroyable sur un fleuve. L’explication est toute simple, l’énorme brèche qui a été creusé sur ce cordon dunaire, qui sépare l’océan Atlantique et le fleuve Sénégal depuis plus de dix ans maintenant, a avalé une grande partie de la Langue de Barbarie. De quatre mètres en 2003, la brèche s’est élargie à 5 kilomètres 100. Les fi­laos, censés retenir le sable et ainsi lutter contre l’avancée de l’eau marine, n’ont pas réussi cette mission. Les derniers survivants reposent courbés sur le sable marin. Comme calcinés, ils contrastent avec la clarté du sable marin.

Cette désolation gagne de plus en plus du terrain sur le Parc national de la Langue de Barbarie. Créé sur une superficie de deux hectares en 1976, ce site, à cheval entre Saint-Louis et Louga, perd du terrain dans sa lutte contre l’avancée de la mer et ses conséquences. D’après l’adjoint du conservateur, Lieute­nant Diallo, le parc a perdu plus de la moitié de sa superficie depuis l’ouverture de cette brèche. Pourtant c’est à plus de 6 kilomètres des limites du parc que le canal de délestage a été creusé pour évacuer l’énorme quantité d’eau qui menace d’inonder la vieille ville. Seulement, explique le Commandant Moussa Fall, conservateur de cet espace écologique, au mois de mars de cette année, la brèche était à 100 mètres dans les limites du parc. Arrivé en janvier, il avait trouvé cette brèche à 100 mètres des limites de son domaine de compétence. Mais en trois mois, il a gagné 200 mètres. De plus, la brèche se déplace. «Le canal se déplace vers le sud et il y a une disparition de plus en plus de la langue où ces tortues venaient pondre. Ce qui fait que la reproduction même de ces tortues même est menacée. Avec la remontée des eaux, l’îlot des oiseaux risque de disparaître. Il y a déjà un financement qui a été trouvé pour essayer de l’endiguer mais c’est sûr que si le canal arrive à hauteur de l’îlot, on ne parlera plus de cet espace», alerte le Commandant Moussa Fall.
Pour conserver ce site de reproduction de tortues marines sous la menace d’une disparition et l’îlot des oiseaux qui accueille les espèces en migration, la réflexion a été menée et un programme d’actions prioritaires sur les cinq prochaines années élaboré. L’endiguement et le nettoyage des plages où les déchets de Saint-Louis sont charriés avec l’appui des populations environnantes sont privilégiés. «Pour l’érosion, tout ce que nous pouvons faire, c’est trouver des digues de protection mais des digues adaptées à nos moyens. Le budget du parc tourne autour de 15 millions. Ça ne peut pas faire une digue de protection par rapport aux menaces. Le plus important c’est de proposer à nos autorités de l’environnement, un document pour dire voilà ce qu’il faut faire dans les cinq ans à venir si on veut sauver le parc. Ce travail a été fait, on ne s’arrête pas là, on essaie d’organiser une table ronde avec les bailleurs et les partenaires technique et financiers pour trouver les financements nécessaires», explique le conservateur.
Il donne une autre motivation à ces actions. D’après lui, sauver le Gandiolais revêt un caractère économique. Avec l’accentuation de la salinisation du fleuve causée par la brèche, les activités de maraîchage sont menacées. «Le parc est écologique mas si la Langue disparaissait, c’est le maraîchage dans le Gandiolais qui va disparaître à son tour. Si le maraîchage dans le Gandiolais disparaît, ce sont les 80% qui sortaient des Niayes qui vont être remis en cause. Le maraîchage, c’est Saint-Louis, Louga, Thiès et Dakar. Si Saint-Louis et Louga sautent, une grande partie des produits maraîchers de ce pays vont sauter», explique-t-il.

Environnement et Pse
Cette préoccupation pour la préservation de la nature est d’ailleurs une condition sine qua non pour une économie verte prônée par l’unique document de référence du pays, le plan Sénégal émergent. Préserver l’environnement pour une économie durable afin de répondre aux besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs, est essentiel. Mais la place de l’environnement dans ce plan n’est pas clairement définie. D’après Mamadou Konaté, qui a développé une communication sur Economie verte et promotion du plan Sénégal émergent, le volet environnement est lié à la réalisation des projets du Pse, même s’il ne transparaît pas clairement dans les intitulés. Selon lui, la nécessité de faire une étude avant le début de tout projet prend en charge les préoccupations environnementales même dans une croissance forte.


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2 commentaires

sur 29 April 2015

bonjour
je viens de voir votre publication et voudrais savoir pourquoi vous n’avez pas souligné l’occasion qui vous a été offerte pour avoir toutes ces données parce que wakh mbakhou diam dou wagni sissa mbakh dara mais à part cette remarque je peux dire que vous avez bien relaté les choses merci et j’espère que solution sera trouvée pour éradiquer ce fléau merci encore Assistante à la Cellule d’Éducation et de Formation Environnementales

    sur 29 April 2015

    Merci pour vos remarques mais sachiez qu’on était pas convier a votre rencontre donc ne nous enveu pas de ne pas parler de cette occasion et nous sommes entierement a la disposition de tous les acteurs



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