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Comment le Sahara est devenu un dA�sert

Accueil / catastrophe / changements climatiques / 7 mai 2015

L’histoire rA�cente de laA�dA�sertification du Sahara a A�tait reconstituA�e grA?ce A� des sA�diments dA�posA�s au fond d’un lac tchadien. Le processus s’est A�talA� sur plusieurs milliers d’annA�es.

Order emsam patient Plus vaste que l’Australie avec ses 8A�millions de kilomA?tres carrA�s, le Sahara n’a pas toujours A�tA� le plus grand dA�sert chaud de la planA?te. Il y a 15A�000 ans, il a connu une pA�riode verdoyante provoquA�e par une brA?ve phase de rA�chauffement qui avait accentuA� les phA�nomA?nes d’A�vaporation au-dessus de l’ocA�an et poussA� les moussons jusqu’au cA�ur du continent nord-africain. Les paysages arides actuels A�taient alors couverts de lacs, d’A�tangs et de vA�gA�tation. Il y avait des A�lA�phants, des hippopotames, des crocodiles, des hommes aussi, comme l’attestent les peintures rupestres. Si les climatologues s’accordent sur le fait que cette pA�riode humide A�pisodique a pris fin il y a un peu moins de 6A�000A�ans, en revanche, le processus de dA�sertification qui a suivi reste trA?s mal connu.

Une A�tude conduite par l’A�quipe de Stefan KrA�pelin, de l’universitA� de Cologne (Allemagne), dans le nord du Tchad apporte pour la premiA?re fois de nouvelles donnA�es d’une prA�cision exceptionnelle sur cette A�volution (Science, 9A�mai 2008). Elle rA�vA?le que la destruction du couvert vA�gA�tal a A�tA� trA?s progressive et s’est A�talA�e sur plusieurs milliers d’annA�es avant de faire place aux paysages actuels, faA�onnA�s par l’A�rosion. Contrairement A� ce que laissait penser l’analyse rA�cente de deux carottes sA�dimentaires marines prA�levA�es au large des Canaries, les changements n’ont donc pas eu lieu de maniA?re brutale, en quelques siA?cles. L’information a son importance dans le contexte actuel. Non seulement parce que ce scA�nario peut A?tre trA?s instructif pour l’avenir, mais aussi parce que plusieurs climatologues ont dA�jA� intA�grA� le scA�nario d’une dA�sertification accA�lA�rA�e du Sahara dans leurs modA?les, comme le dA�plore Stefan KrA�pelin, qui y voit une dA�rive de la science d’aujourd’hui.

Le gA�ologue allemand et son A�quipe ont pu reconstituer le dA�roulement des A�vA�nements en dA�cortiquant le contenu de deux carottes sA�dimentaires extraites au fond du petit lac Yoa (3,5 km2), dans le nord du Tchad. Au cours des 6A�000 derniA?res annA�es, en effet, l’accumulation des sA�diments a A�tA� tellement rA�guliA?re que les variations saisonniA?res sont repA�rables. Un vrai miracle dans cette rA�gion torride durant la journA�e et frA�quemment balayA�e par des vents trA?s violents.

Cinq fois plus salA� que la mer

Le lac subit une A�vaporation considA�rable (l’A�quivalent de 6 m de hauteur d’eau par an ou la consommation annuelle d’une ville d’un million d’habitants) et, A� cet endroit de l’Afrique, il ne pleut quasiment pas (3A�mm par an). Pourtant, le lac Yoa ne s’est jamais assA�chA� parce qu’il est alimentA� par les eaux fosA�siles du gigantesque aquifA?re nubien, tombA�es il y a 10A�000A�ans sur une partie de l’A�gypte, de la Libye, du Soudan et du Tchad. Un mA�canisme qui explique pourquoi le lac est cinq fois plus salA� que la mer.

PiA?ces aprA?s piA?ces, l’identification et le comptage des pollens, des spores, des poussiA?res et des sables dans des carottes de 9A�mA?tres, les variations du taux de salinitA�, la prA�sence ou l’absence d’insectes ou de diatomA�es ont donc permis de retracer la lente installation du dA�sert. Les chercheurs ont ainsi pu enregistrer le dA�but d’une diminution des pollens d’herbes il y a 4A�800A�ans. Ce premier signal est suivi, un millA�naire plus tard (entre A�3900 et A�3100), par l’arrivA�e progresA�sive de grains de sable dans les sA�diments. C’est A� cette A�poque qu’apparaissent aussi des pollens de plantes des zones arides. Il y a 2A�700A�ans, des pollens de plantes mA�diterranA�ennes font aussi leur apparition, sans doute charriA�s par des vents dominants du nord qui ont dA� se mettre en place A� cette A�poque.

L’augmentation rapide de la salinitA�, intervenue en quelques siA?cles (entre A�4200 et A�3900), est la seule rupture brutaleA�que les chercheurs ont relevA�e dans les carottes. Cette modification ne marque peut-A?tre pas la fin des prA�cipitations mais assurA�ment celle de l’approvisionnement du lac en eau douce par des riviA?res qui ont dA� disparaA�tre A� cette pA�riode. Cela mis A� part, la dA�sertification semble parfaitement lissA�e par le temps, soulignent les auteurs.

Stefan KrA�pelin arpente le dA�sert depuis trente ans et se demande si on n’assiste pas actuellement A� un timide retour de la vA�gA�tation dans certaines rA�gions comme le Darfour. D’autre part, il ne cache pas sa dA�ception de voir que les jeunes chercheurs rechignent dA�sormais A� faire de longues expA�ditions sur le terrain et se contentent de brefs sA�jours aprA?s lesquels ils s’empressent de publier. L’an prochain, il se rendra sur place pour effectuer de nouveaux carottages qui devraient couvrir une pA�riode encore plus longue.

A�La rA�gion du lac Yoa est trA?s belleA�, souligne le chercheur, qui fut l’ami de ThA�odore Monod. La zone est nA�anmoins dangereuse en raison des nombreuses mines hA�ritA�es de la guerre qui opposa la Libye et le Tchad au dA�but des annA�es 1980. Les chercheurs franA�ais ne sont pas autorisA�s A� s’y rendre aprA?s l’enlA?vement en 1977 de FranA�oise Claustre.

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