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L’autonomie par les énergies renouvelables

Accueil / energie / 17 août 2015

Les réajustements pour faire face à la conjecture économique sont de plus en plus nécessaires dans un monde gangrené par la crise. Quelques foyers développent de nouvelles stratégies pour parer à la cherté des factures d’électricité et aux coupures parfois intempestives. Là où d’autres ont opté pour les énergies renouvelables afin d’assurer l’alimentation autonome de leur domicile.

Une nouvelle cité à Keur Massar en banlieue. Le déménagement n’était pas aisé pour certains habitants obligés de rejoindre leur domicile alors qu’il n’y avait pas encore d’électricité. Devant une telle situation, certains propriétaires ont innové en délaissant l’ancienne méthode d’éclairage des bougies, des lampes torches ou par des lampes rechargeables. Ils ont eu recours aux énergies renouvelables pour parer à ce besoin.

Nichée dans un coin de la cité, la maison de Daouda Ndoye est toujours en construction. Ingénieur en génie civil, il a voulu dès son déménagement, installer des panneaux photovoltaïques. Daouda Ndoye a été dissuadé de poursuivre son projet, « l’investissement n’était pas sûr », parait-il.
L’autre option consistait à s’approcher de la Senelec pour solliciter une extension de son réseau. « C’est en 2007 que j’ai mûri, en premier, le projet. Nous n’avions pas encore d’électricité puisque les poteaux de la Senelec étaient confinés sur la route à 500 mètres de ma maison. Il fallait verser 2 millions 300 francs Cfa pour étendre le réseau et nous faire bénéficier de l’électricité. La ligne serait privée, c’est-à-dire que je pouvais l’exploiter 5 ans durant », se rappelle-t-il en faisant la genèse de son projet. Daouda Ndoye se remémore ses calculs d’alors relativement aux possibilités offertes par l’acquisition d’un équipement complet, soit au minimum trois panneaux photovoltaïques, six batteries et un onduleur. Ce qui représente environ 20 ans d’exploitation pour les panneaux.

Un rêve devenu réalité

C’est en 2011 que Daouda Ndoye a pu réaliser, en douce, son souhait. « J’avais participé au salon des énergies renouvelables, c’est par la suite que je me suis rendu chez un revendeur. C’est là-bas que j’ai acquis mon matériel. Avec 400 mille francs, j’ai pu avoir un panneau de 230 watts, une batterie et un onduleur « , explique-t-il. C’est par ce dispositif qu’il a eu une «alternative pour supporter le coût de l’électricité et parer aux coupures d’électricité parfois en vigueur dans le secteur». Il constate, par la même occasion, avoir amorti son investissement seulement après quatre années d’exploitation. En effet, il révèle n’avoir pas fait de dépenses complémentaires suite à l’installation des panneaux photovoltaïques, sauf pour changer des ampoules défectueux. Les panneaux photovoltaïques ont permis à Daouda Ndoye d’économiser 15 000 francs par facture d’électricité qui atteignent parfois 80 000 francs en période hivernale. « C’est un investissement pratique. Je pense qu’il y a un décret qui permet aux foyers d’avoir, s’ils le désirent, des équipements en énergie renouvelable. Ils n’ont pas le droit, toutefois, de fournir cette électricité à des fins commerciales « , informe-t-il.

Daouda projette d’annuler le contrat qui le lie à la Senelec pour la fourniture en électricité. Une ambition qui ne peut se faire qu’à condition disposer de matériel électroménager pour énergies renouvelables. Entre autres des ventilateurs, un réfrigérateur et un téléviseur de faibles voltages. Cette volonté d’extension du réseau en énergie renouvelable nécessite également un rééquipement qui équivaut à augmenter le nombre de panneaux photovoltaïques, les batteries. « Ce projet a son coût, mais il reste réalisable et nécessaire à l’autonomie convoitée », confie-t-il.

L’électricité de Senelec en appoint provisoire

Omar Sarr représente une autre expérience dans le domaine de l’autonomisation des foyers en électricité. Bien que sa motivation soit différente, l’objectif est resté identique. Le contexte a aussi été quelque chose de déterminant dans son option. Omar Sarr a été pris en étau par la conjecture économique marquée pendant un moment par la fluctuation des prix des denrées de première nécessité et par le coût élevé du loyer. Ce, avant l’adoption de la loi sur la baisse du loyer en janvier 2013. Employé dans une entreprise de la place, il a ressenti quelques difficultés tant les mois semblaient se chevaucher.

Il fallait en finir avec ce cycle « infernal ». La stratégie consistait à finaliser les travaux de sa maison qui était en construction à Kounoune. C’est par un concours de circonstances que Sarr en est venu à opter pour l’installation de panneaux voltaïques, l’énergie renouvelable la plus usitée dans ce secteur. En effet, il a fallu recourir à une astuce pour la fourniture en électricité dans une zone dépourvue d’installation électrique, vu que le promoteur n’a pas adhéré au réseau de la Senelec. « Tout juste après mon déménagement, j’utilisais les bougies et les lampes rechargeables comme moyen d’éclairage. Au bout de 6 mois, il a fallu que je me décide à sortir ma famille du noir, comme on n’avait toujours de l’électricité », renseigne-t-il. Omar Sarr a dégagé 400 mille francs Cfa pour acquérir un équipement. Il a ainsi pu avoir trois panneaux photovoltaïques de 50 Watt, une batterie de 150 Watt et un régulateur. L’installation est assez puissante pour alimenter douze lampes Led, un téléviseur 12 Volts et des chargeurs de téléphones de toutes marques. « J’ai vu que c’est très intéressant, puisque non seulement il n’y a pas de rupture d’électricité. En plus, c’est avantageux et très économique. A ce stade, j’envisage même d’acheter un réfrigérateur adapté à l’installation « , fait-il remarquer.

Compte tenu des avantages «non négligeables», Omar Sarr est en train de voir s’il va, un jour, adhérer au réseau de la Senelec, une fois qu’il sera disponible pour la zone. Séduit par l’autonomie qu’il a gagnée, il penche davantage pour l’extension de son installation. D’ici là, Omar s’évertue à entretenir les panneaux photovoltaïques pour maximiser la capture des rayons solaires. Pour l’entretien de la batterie et du régulateur, il fait appel aux techniciens qui ont installé l’équipement, « plus aptes à résoudre le problème ».

46% Du REVENU DES EXPORTATIONS

Les exemples de ce genre pullulent dans la capitale dakaroise principalement en zone périurbaine, mais également en milieu rural où d’autres outils tels l’énergie solaire, de biomasse, l’hydraulique sont promus. Il existe aussi des programmes qui veillent à la promotion, annonçant par la même occasion l’ère des énergies renouvelables. Le programme pour la promotion des énergies renouvelables, de l’électrification rurale et de l’approvisionnement durable en combustibles domestiques (Peracod) fait partie des initiatives qui se réfèrent au contexte de la crise énergétique mondiale  » liée aux fluctuations du prix du baril de pétrole  » pour justifier le changement de paradigme. «Avec la perspective d’épuisement des réserves de pétrole et la non-maîtrise du prix du baril, il est impérieux de mettre en place une politique énergétique orientée vers une participation renforcée des énergies de source renouvelable dans les bilans énergétiques», lit-on dans la documentation. Le Peracod (voir par ailleurs) a comme ligne de mire l’exploitation des potentiels non négligeables en « sources d’énergétique alternatives comme le soleil et le vent ». Cette option est d’autant à considérer que la facture pétrolière de l’Etat du Sénégal représentait «en 2009 46% des revenus des exportations». Aussi le programme, s’est-il investi de la mission de participer à l’amélioration du cadre législatif réglementaire sur la production d’énergie renouvelables au Sénégal. La loi régit la production d’électricité de sources renouvelables au Sénégal. Et le Peracod « poursuit son appui dans l’élaboration des décrets d’application de la loi. Les producteurs pourront désormais compter sur un cadre législatif et règlementaire clair favorisant les investissements des acteurs privés dans le secteur des énergies renouvelables ». La Loi sur les énergies renouvelables a été promulguée en décembre 2010. Un cadre qui doit permettre « d’une part, de répondre, de façon adéquate, aux défis de la croissance économique et de la mondialisation et, d’autre part, de préserver l’environnement et le climat dans le cadre des activités de production et consommation d’énergie, conformément aux souhaits et aux exigences de la communauté internationale ». Les populations commencent à s’approprier la démarche.

Lagazette

 


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