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DAKAR : après la pluie, la sale temps dans les quartiers

Accueil / alarme / catastrophe / eaux-assainissement / 18 août 2015

inondations

Les populations de Dakar et de ses environs sont sous la menace des inondations. Voilà soixante douze heures que la pluie tombe et les eaux en furie ont fini par envahir les quartiers de la banlieue ; une situation qui devient de plus en plus insupportable surtout que les populations mettent plusieurs heures à évacuer les eaux. A cela s’ajoute le vieillissement des égouts qui se remplissent et se déversent dans les rues, avec des odeurs nauséabondes. Il est urgent pour l’Etat de prendre des mesures idoines pour enrayer le mal mais aussi pour les populations de prendre des mesures visant à protéger l’environnement en évitant de créer des situations qui portent préjudice aux ouvrages construits par le gouvernement.

Depuis soixante douze heures, de fortes pluies s’abattent dans la région de Dakar et de ses environs ; ces pluies torrentielles ont fini par créer la psychose chez les populations surtout celles qui habitent dans les quartiers périphériques, c’est-à-dire la banlieue, comme Pikine, Guédiawaye, Thiaroye, Rufisque entre autres ; une situation qui est loin de faire l’affaire des occupants de ces quartiers.

Un malheur ne venant jamais seul, les fortes précipitations ont favorisé l’écoulement des fosses septiques aux odeurs nauséabondes. La situation est beaucoup plus visible dans les quartiers de Grand Dakar où les égouts empêchent même les populations de vaquer à leurs besoin. A qui la faute? Les avis sont partagés.

D’aucuns renvoient la balle aux autorités de l’ONAS qui n’ont pas fait leur travail à temps. D’autres évoquent l’action des habitants qui seraient responsables de l’encombrement constaté dans les canaux d’évacuation des eaux de ruissellement. « Ici a Niary Tally (un quartier populaire de Dakar) , les canaux uh des eaux se remplissent vite. A chaque fois que la pluie tombe, l’eau est évacuée des égouts. Cela serait du au fait qu’il y a des branchements clandestins dans ces ouvrages d’évacuation des eaux.

Tout cela pose problème dans la mesure où tous les canaux ne peuvent pas se remplir en même temps » lance le vieux à la cigarette que nous avons rencontré au « khayma » un angle du quartier mythique de Niary Taly.

Le problème c’est que partout à Grand Dakar et jusque dans les cités paisibles de la Zone A et de la Zone B et même Amitié. Les égouts sont remplis au point de se déverser dans les rues, empêchant même une circulation correcte, avec toutes les conséquences qui s’en suivent, les maladies et autres pollutions.

Pourtant, les populations ne semblent même pas s’en rendre compte mais le danger est bel et bien présent. Souvent, les enfants ont des plaies ou des boutons sur le corps et peuvent se retrouver à l’hôpital. Une visite que nous avons faite au quartier de la Zone A nous a permis de toucher le mal. Cette dame, sous couvert de l’anonymat, explique: « je suis désolée de le dire mais dans ce quartier on n’avait pas de problème avec les canaux d’évacuation des eaux ; mais, maintenant, nous ne parvenons même plus a fermer l’œil surtout que le canal qui passe par le quartier vient de la cité des eaux à Castor et c’est le prolongement du Canal 4 de Fass. « Ma maison jouxte le canal qui est à ciel ouvert et toutes sortes d’ordures y sont déversées. » Maintenant, il se pose un problème d’éducation environnementale chez les populations qui n’ont toujours pas compris que les canaux à ciel ouvert ne sont pas des poubelles. L’Etat aura beau faire pour curer les canaux mais cela ne servira absolument à rien du tout.

L’autre fait majeur, c’est que les populations jettent tout par terre et oublient parfois même qu’il ya des poubelles à côté pour les ordures. Ce qui a d’ailleurs poussé un éminent écologiste de la planète, en occurrence El Ali Haydar, à dire que « la ville de Dakar n’est pas sale, ce sont les populations qui sont sales ».

Une théorie qui s’avère être une réalité dans la mesure ou les sénégalais ne sont pas assez sensibilisés sur les attaques que subit notre environnement. Pour s’en rendre compte, il suffit de se rendre au niveau des marchés où toutes les ordures sont entassées soit dans les rues ou à côté. Pourtant, prés de ces ordures, se trouvent des restaurants et autres lieux où l’on vend des aliments et d’autres mets liés à la consommation. Il est nécessaire, voire même urgent, pour le gouvernement de prendre des mesures idoines de s’occuper des problèmes que rencontre l’environnement.

En cette période hivernale où le ciel reste toujours menaçant, le calvaire des populations est loin de prendre fin. Les dernières pluies enregistrées ont fini de plonger les habitants dans l’émoi et cette situation risque encore de perdurer.


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amadou issa kane




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