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Trafic de bois à Kolda : Les élus et les Eaux et forêts se renvoient le billot

Accueil / agriculture-peche-foret / alarme / catastrophe / economie verte / 6 octobre 2015

La destruction d’une partie de la forêt classée de Dabo installe un malaise entre les services des Eaux et forêts et la mairie de cette localité. En attendant de trouver le parrain de ce trafic, le désastre est énorme. 

La forêt classée située dans la commune rurale de Dabo a fait l’objet d’une forte agression par des individus non encore identifiés. Ces clandestins ont pillé les ressources forestières depuis un certain temps à l’insu des populations. Sur les lieux, le désastre est total, car les exploitants ont vastement détruit la forêt malgré son caractère de «forêt classée». Des restes d’arbres et autres troncs montrent à suffisance l’ampleur des dégâts avec un total de 40 pieds de cailcédrat abattus sur plusieurs hectares de forêt.

Cette situation installe un malaise entre la mairie de Dabo et les services des Eaux et forêts. Ainsi, ces deux services se rejettent la responsabilité de ce «carnage environnemental». Le maire de la commune de Dabo a mis sur le dos des Eaux et forêts la responsabilité de cette exploitation forestière. Idrissa Baldé déclare avoir informé la brigade des Eaux et forêts de cette coupe abusive du bois dans la forêt classée qui se trouve dans son périmètre communal. Cette alerte, selon le maire, n’a donné aucune suite favorable, car les soldats de la forêt n’auraient pas agi à temps pour stopper le mal. Face à ce qu’il qualifie de lenteur ou de négligence de la part de la brigade des Eaux et forêts, le premier magistrat de la commune rurale de Dabo a saisi la brigade de la gendarmerie de Kolda. Aussitôt informés, les hommes en bleu sont descendus sur les lieux pour constater les dégâts. Immédiatement, une enquête est ouverte pour retrouver les coupables qui s’érigent en ennemis de la forêt.
Face à cette accusation, les services des Eaux et forêts montent au créneau pour dénoncer les agissements de la mairie de Dabo dans cette affaire dont «elle est la seule responsable». A en croire l’inspecteur régional des Eaux et forêts, «c’est la mairie qui est derrière cette coupe illicite de bois dans cette forêt classée». Le colonel Alé Seck en veut pour preuve l’autorisation préalable de coupe que le maire de Dabo a délivrée au Gie T Dia à la date du 4 septembre 2015. Une attitude qui irrite le chef des Eaux et forêts contre la mairie qu’il accuse «d’agir à des fins personnelles». «Pourquoi le maire de Dabo délivre une autorisation de coupe au moment où la fin de la campagne de coupe est largement dépassée (prévue le 31 mai, la date a été prolongée jusqu’au 31 août 2015) ?», s’interroge le colonel Alé Seck. Mieux, le patron de la protection des forêts dans cette région précise que Mamadou Konaté, responsable du Gie T Dia a bénéficié légalement d’une fiche d’exploitation, mais pour les zones de Coumbacara et Médina chérif, ce n’est pas le cas. Une autre question sans réponse du chef des Eaux et forêts : «Pourquoi le maire délivre cette autorisation préalable à un Gie qui n’a pas de fiche d’exploitation dans son périmètre communale ?» D’ailleurs dans sa traque des ennemis de la forêt, le service des Eaux et forêts a mis la main sur Cellou Barry qui a fini par payer une amende d’un million cinq cent mille francs à verser au Trésor public.
Même si la mairie campe sur ses positions, les services des Eaux et forêts ne désarment pas et continuent les enquêtes pour une élucidation totale de cette affaire qui défraie la chronique dans cette partie sud du pays.

lequotidien


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