Urgent

SA�nA�gal : PA?che intensive, comment la��Europe nous affame

Accueil / agriculture-peche-foret / economie verte / 23 février 2015
Surexploitation maritime, pA?che illicite ou sous pavillon de complaisance, accords internationaux iniquesa�� Les ressources de la��Afrique attirent, une fois de plus, la��Europe prA�datrice. RA�sultat : le poisson se fait rare et les pA?cheurs sA�nA�galais doivent sa��aventurer de plus en plus loin des cA?tes. Et A� dA�faut de nourrir les populations locales, les poissons da��Afrique viendront garnir les assiettes des EuropA�ens.

 

Depuis 2003, la pA?che maritime au SA�nA�gal enregistre une baisse de 16A�% des captures, ce qui a des consA�quences dA�sastreuses pour les SA�nA�galais. La��activitA� de pA?che gA�nA?re plus de 600.000 emplois directs et indirects, occupA�s pour les 2/3 par des femmes. Presque deux millions de personnes dA�pendent de la pA?che, qui est aussi le premier secteur da��exportation (30%). La baisse des captures met en pA�ril la sA�curitA� alimentaire du pays. Plus de 75% des apports nutritionnels en protA�ines da��origine animale proviennent du poisson. Dans les quartiers pauvres de Dakar comme Pikine et GuA�diawaye ou de A�A�classes moyennesA�A� comme Sicap, il na��est pas rare da��entendre que leA�tieboudiene Generic for prandin A�et leA�thiof, les deux plats nationaux A� base de mA�rou ou de capitaine, sont dA�sormais hors de prix pour les habitants.

Avec ses 700 km de cA?tes, le SA�nA�gal est pourtant riche da��importantes ressources halieutiquesA�: thons, espadons, voiliers, sardinelles, chinchards, maquereaux, crevettes et merlus, dorades, mA�rous, crevettes blanches ou cA�phalopodesa�� Mais A� la��instar de pays africains dont les richesses en diamants, pA�trole, gaz, terres arables, donnent lieu aux pires pratiques de prA�dation, cette richesse a, elle aussi, attisA� les convoitises.

La��AFRIQUE NOURRIT La��EUROPE EN POISSONS

PillA� depuis des dA�cennies par des flottes A�trangA?res a�� espagnoles, franA�aises, italiennes, russes, japonaises, corA�ennes, chinoises ou taA?wanaises a�� le A� grenier A� poissons A� de la��Afrique et du SA�nA�gal se vide de sa substancea�� Et ce, au prix da��une concurrence dA�loyale : quand les pA?cheurs artisanaux sA�nA�galais ne peuvent rester que quelques heures en mer, les campagnes de pA?che des navires A�trangers durent deux A� trois mois. Le chalutage a�� qui consiste A� racler les faibles, moyennes et grandes profondeurs des mers (jusqua��A� 1.000 m) a�� entraA�ne la rarA�faction des espA?ces de poissons et la destruction des environnements marins. Un dA�sastre A�cologique.

A� bord des A�A�navires-usinesA�A� sont traitA�es, conditionnA�es puis congelA�es, da��A�normes quantitA�s de poissons, rapidement expA�diA�s dans les assiettes europA�ennes, corA�ennes ou chinoises. PrA?s de 70% des produits de la pA?che du SA�nA�gal sont expA�diA�s vers la��Europe. Celle-ci importe (tous pays confondus) pour 15,5 milliards da��euros purchase Flomax de poissons A�A�La��Afrique nourrit la��EuropeA�!A�A�, sa��indigne Mamadou Diop Thioune, prA�sident du Forum des organisations de la pA?che artisanale. A�A�Ca��est un systA?me de vol organisA� du poisson en Afrique, A� destination de la��Europe et da��autres pays.A�A� De nombreux acteurs de la pA?che au SA�nA�gal, rA�voltA�s, se mobilisent pour ne pas rester avec une A�A�arA?te en travers de la gorgeA�A� et tentent de sa��opposer A� ce systA?me.

Retour de pA?che A� Saint-louis, SA�nA�gal

LE PIA?GE DES ACCORDS DE PASCHE

Les pirates ne sont pas les seuls responsables de la surpA?che. Des Accords de partenariat de pA?che (APP) permettent A� des flottes entiA?res de bateaux europA�ens, russes, chinois de venir lA�galement surexploiter les ressources halieutiques de la Mauritanie, du Maroc, de la GuinA�e ou du SA�nA�gal. Au sortir de la colonisation, les A�tats da��Afrique ont investi dans le dA�veloppement da��une industrie de pA?che nationale, plutA?t que da��opter pour un soutien massif A� la pA?che artisanale. Mais les flottilles industrielles sont coA�teuses. A� la fin des annA�es 1970, le secteur de la pA?che na��A�chappe pas aux effets dA�vastateurs des programmes da��ajustements structurels nA�olibA�raux, imposA�s par les institutions financiA?res internationales. Des programmes qui dA�sA�quilibrent profondA�ment la filiA?reA�: les A�tats africains a�� dont les besoins en devises augmentent a�� privilA�gieront dA?s lors les exportations, au dA�triment de la consommation locale, et la signature da��accords de pA?che avec compensation financiA?re.

Depuis les puissances maritimes tirent un maximum de profit de cette situation. Notamment la��Union europA�enne qui, depuis 1979, a conclu prA?s de 17 accords de pA?che avec le SA�nA�gal. La��accA?s aux eaux africaines, extrA?mement poissonneuses, est un enjeu stratA�gique primordial pour la��Europe. La Politique commune de la pA?che (PCP) europA�enne limite les captures dans les eaux europA�ennes pour prA�server la ressource. Les accords de pA?che constituent pour la��Union europA�enne un moyen de redA�ployer une partie de sa A�A�surcapacitA� de pA?cheA�A�, tout en diminuant la pression de la surexploitation de ses propres eaux.

PAVILLONS DE COMPLAISANCE ET SA�NA�GALISATION DE BATEAUX A�TRANGERS

AprA?s une importante mobilisation des pA?cheurs et de leurs organisations, en pleines nA�gociations de renouvellement des APP, le gouvernement sA�nA�galais a A�tA� contraint da��interdire aux navires de la��UE de pA?cher dans ses eaux territoriales. Mais pour sa��assurer la��accA?s aux eaux sA�nA�galaises, il existe un moyen moins risquA� que la pA?che pirate, et plus rapide que de longues nA�gociations internationalesA�: la constitution da��une sociA�tA� mixte de droit sA�nA�galais. Un associA� sA�nA�galais, soi-disant majoritaire, enregistre la��entreprise au SA�nA�gal, alors qua��il na��est en fait qua��un employA� de son partenaire A�tranger. Celui-ci le rA�tribue etA�A�distribue A�galement des pots de vin A� tous ces « complices » qui ont permis la��A�tablissement de cette sociA�tA� mixteA�A�, rA�sume une A�tude de la Coordination pour des accords de pA?che A�quitable.

Le nombre de sociA�tA�s mixtes a explosA� dans les annA�es 1990, lorsque le rA�gime desA�A�sociA�tA�s mixtes subventionnA�esA�A� a A�tA� introduit dans le cadre des A�changes entre pays ACP (Afrique, CaraA?bes, Pacifique) et la��Union europA�ennea�� par la��UE elle-mA?me. Ce rA�gime permet da��octroyer une subvention aux armateurs europA�ens qui transfA�raient A�A�dA�finitivementA�A� leur navire vers un pays tiers en crA�ant des sociA�tA�s mixtes avec des ressortissants de ce mA?me pays, tout en renonA�anta�� pour le navire concernA� a�� A� leurs droits de pA?che dans les eaux europA�ennes. Les bA�nA�ficiaires de cette aide au transfert sa��engagent A� approvisionner prioritairement le marchA� europA�en. Le SA�nA�gal connaA�t aujourda��hui une explosion de sociA�tA� mixtesA�: 11 sociA�tA�s mixtes espagno-sA�nA�galaises, avec 29 chalutiersA�; 3 sociA�tA�s franco-sA�nA�galaises, avec 24 chalutiersA�; 2 sociA�tA�s italo-sA�nA�galaises, avec 7 chalutiersA�; au moins 1 sociA�tA� sino-sA�nA�galaise, avec 26 chalutiersA�; 1 sociA�tA� grA�co-sA�nA�galaise avec 2 chalutiersA�; et au moins 1 sociA�tA� corA�o-sA�nA�galaise, 1 turco-sA�nA�galaise, 1 amA�ricano-sA�nA�galaisea��

DES SOCIA�TA�S A�CRANS EXEMPTA�ES DE DROITS DE DOUANE

Ces sociA�tA�s-A�crans ne sont soumises qua��aux contraintes nationales. Autrement dit, A� aucune contrainte. Les cA?tes africaines deviennent une sorte de buffet en self-service.A�
Au-delA� des eaux territoriales sA�nA�galaises, les A�trangers peuvent pA?cher dans les eaux de toute la sous-rA�gion (Mauritanie, GuinA�e Conakry, GuinA�e Bissau, Sierra LA�one), voire de toute la��Afrique. En octobre 2008, ca��est de la��autre cA?tA� de la��Afrique, A� prA?s de 8.000 km des cA?tA� sA�nA�galaises que le chalutierA�El AmineA�(appartenant une sociA�tA� mixte espagnole A�A�sA�nA�galisA�eA�A�) a A�tA� arraisonnA� dans les eaux de Madagascara�� pour pA?che illicite.

Les avantages de ces sociA�tA�s au pavillon de complaisance ne sa��arrA?tent pas lA�. Elles profitent au maximum du principe central de la globalisation financiA?reA�: toujours moins da��impA?t. La Convention de LomA� autorise les produits halieutiques des pays ACP A� pA�nA�trer le marchA� europA�en sans droits de douane. Ces sociA�tA�s mixtes ont A�galement bA�nA�ficiA� da��exonA�rations de taxes par le gouvernement sA�nA�galais. Pendant ce temps, les entreprises rA�ellement sA�nA�galaises, regroupA�es notamment au sein de la de FA�dA�ration Nationale des GIE de pA?che, pA�riclitent et licencient.

Les acteurs de la pA?che au SA�nA�gal demandent en vain un audit de ces sociA�tA�s mixtes. Les grosses sardines du gouvernement sA�nA�galais font la sourde oreille.

vie-magazine

buy nolvadex online


Étiquettes : , , , , ,



Vision Verte




Article précédent

Eau et assainissement : La rA�utilisation des eaux usA�es pour prA�venir les risques de pollution

Article suivant

Les mafias du trafic da��animaux poussent les espA?ces A� la��extinction





Vous aimerez aussi



1 commentaire

sur 23 February 2015

Franchement, je ne sais pas qui a eu l’idée de créer ce site mais il a bien fait. C’est ma source d’information en matière environnementale a Sénégal. Bravo !



Laisser un commentaire


Plus d'articles

Eau et assainissement : La rA�utilisation des eaux usA�es pour prA�venir les risques de pollution

How much dramamine can i give my dog Dr Seydou Niang ne doute pas que la rA�utilisation des eaux usA�es traitA�es...

23 February 2015