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Agriculture : « La��Afrique peut nourrir toute la planA?te ! »

Accueil / agriculture-peche-foret / economie verte / international / 14 avril 2015

« L’Afrique a les moyens de nourrir les trois quarts de la planA?te. » A� Kinshasa, l’un des points centraux a A�tA� de savoir comment valoriser ce potentiel A� la fois pour l’Afrique mais aussi pour l’ensemble du monde. Il faut dire que jamais une confA�rence sur l’agriculture en Afrique n’avait attirA� tant de monde. Encore moins en RD Congo, oA? les mines sont la��objet de tous les intA�rA?ts et de toutes les convoitises.

L’agriculture au coeur des prioritA�s

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Plus de 400 personnes se sont retrouvA�es la semaine derniA?re cette semaine A� Kinshasa pour la 5e A�dition de la��Agribusiness Forum, des acteurs du secteur agricole africain, mais A�galement des investisseurs suisses, belges, ou encore israA�liens ainsi que des partenaires techniques et financiers. Signe que l’agriculture est au coeur de toutes les prioritA�s. En Afrique comme sur la scA?ne internationale. Car l’enjeu est de taille : nourrir 7 milliards d’individus tous les jours sur la planA?te. En 2050, le chiffre s’A�lA?vera A� 9 milliards alors qu’aujourd’hui mA?me quelque 805 millions de personnes dans le monde ne mangent pas A� leur faim si l’on en croit les derniA?res estimations de la��ONU. Soit une sur neuf. Le dA�fi est donc de produire plus, beaucoup plus, et vite. Or, avec le vieillissement dA�mographique qui touche l’Europe, les dA�rA?glements climatiques qui perturbent les productions agricoles, la��A�puisement des terres fertiles…, il semble que les solutions soient en Afrique.

« La RDC peut nourrir 3 milliards de personnesa�� »

« Au cours des 20 derniA?res annA�es, ERMC a travaillA� pour que l’agriculture soit en tA?te des agendas. Aujourd’hui, plus personne ne se pose la question de l’importance de ce secteur qui occupe plus de la moitiA� de la population du continent », sa��est rA�joui Idit Miller, vice-prA�sidente et directrice gA�nA�rale da��ERMC, un rA�seau qui regroupe des entrepreneurs, des financiers et des reprA�sentants de plus da��une centaine de pays, dont la vocation est de promouvoir un dA�veloppement A�conomique durable en Afrique avec un accent particulier portA� en direction du secteur privA�.Selon une A�tude de la Banque mondiale, la croissance du secteur agricole est quatre fois plus importante que celles da��autres secteurs. « Or plus de 80 millions d’hectares de terres arables non encore exploitA�es se trouvent ici en RD Congo. Ce pays peut nourrir quelque 3 milliards de personnes de la population mondiale et 10A�% de ce potentiel peut A?tre rA�alisA� dans les annA�es A� venir », explique-t-on. Da��oA? le choix da��organiser cette A�dition A� Kinshasa, aprA?s Kigali. Le pays est engagA� dans un processus de modernisation de son agriculture qui doit lui permettre de nourrir ses 73 millions da��habitants mais A�galement les 250 millions da��A?mes que compte la rA�gion.

« Montrer qu’en plus des mines le secteur agricole offre de formidables opportunitA�s en RDC »

« Mon pays est avant tout un pays A� vocation agricole », a indiquA� le ministre de la��Agriculture de RDC, Isidore Kabwe Mwehu. « Nous avons l’objectif de transformer notre agriculture pour en faire un puissant levier de dA�veloppement A�conomique. » Comment ? A� travers notamment le lancement du premier parc agro-industriel A� Bukanga-Lonzo pour contribuer A� la promotion des chaA�nes de valeur. Reste A� attirer les investisseurs nA�cessaires. « La RDC connaA�t un taux de croissance en augmentation rA�guliA?re depuis une dA�cennie. L’annA�e derniA?re, on a atteint les 9A�%, et on est au stade de passer A� une croissance A� deux chiffres. Avec un taux d’inflation en dessous de la barre des 1A�%, un climat d’affaires favorable avec la mise en place d’un guichet unique qui permet de crA�er une entreprise en trois jours, si la RDC maintient ce cap, la��A�mergence sera au rendez-vous plus tA?t que prA�vu. Le moment est venu d’attirer les investisseurs A�trangers, privA�s et publics, et d’autres partenaires en vue de promouvoir l’agriculture », a indiquA� le ministre. Et de profiter de cette tribune « pour montrer A� la face du monde qu’au-delA� des mines le secteur agricole offre de formidables opportunitA�s en RDC ».A�Un modA?le congolais qui sera mis en avant A� la��occasion de ce forum aux cA?tA�s da��autres expA�rimentA�s au Kenya, au Rwanda ou encore au Burkina Faso.

« La quA?te de l’A�mergence en Afrique dA�pend de l’agriculture »

« En dA�pit de ces efforts, la situation reste prA�occupante en RDC », nuance Priya Gajraj, directrice pays du PNUD en RDC. « Pour 2014, le FAO a estimA� que 6,5 millions de personnes se trouvaient dans une situation alimentaire critique. La production locale n’est pas encore en mesure de nourrir l’ensemble de la population. Ce qui fait que le pays doit recourir aux importations. » L’annA�e derniA?re, la��ardoise sa��est chiffrA�e A� 1,5 milliard de dollars. Alors, elle interpelle le gouvernement, le privA� et tous les acteurs du secteur. « Il faut favoriser l’accA?s au marchA� A� travers la mise en place de politiques favorables d’encadrement des paysans, A� l’amA�lioration de la productivitA�, favoriser la��accA?s au financement des fermiers en soutenant les chaA�nes de valeur agricoles. » Et de saluer A� ce titre la prA�sence des banquiers de l’agriculture venus prA�senter les outils et mA�canismes A� destination des exploitants agricoles. Ainsi, la Banque europA�enne d’investissement assure 7 milliards d’euros de volume de prA?ts par an, dont 10A�% hors UE et 1 milliard sur l’Afrique. Un continent pour lequel elle a mis en place des instruments spA�cifiques. « Par exemple, indique Catherine Colline, responsable de la division Afrique A� la BEI, dans le nord du SA�nA�gal, on soutient un projet de production de riz blanc sur 4 500 hectares avec la construction d’une usine de transformation da��une capacitA� de 45 000 tonnes par an. » Des financements indispensables pour moderniser la��agriculture encore largement artisanale et familiale sur le continent.
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« La��agriculture est un business »

Intervenir sur la��ensemble de la chaA�ne de valeur, ca��est le mot da��ordre. A� commencer par les premiers acteurs du maillon, les petits producteurs. Sachant que la��agriculture est la��activitA� principale pour 80A�% de la population du continent. Lesquels souffrent du manque de semences, d’A�quipements de transformation, d’infrastructures d’A�coulement des productions, etc. Des progrA?s ont A�tA� rA�alisA�s ces derniA?res annA�es, mais pas assez pour Monty Jones, prA�sident da��ERMC et conseiller du prA�sident de Sierra Leone. « Nous, les acteurs du dA�veloppement de l’agriculture, nous devons faire plus, faire mieux, pour l’Afrique, pour l’humanitA� », dit-il.A� A� cinq conditionsA�: « Se rappeler que l’agriculture est un business ; reconnaA�tre le rA?le des gouvernements et du secteur privA� dans la transformation de notre agriculture ; reconnaA�tre les rA?les des grandes compagnies et des PME ; renforcer les capacitA�s des femmes ; enfin, l’Afrique doit A?tre prA?te A� faire face A� des catastrophes comme Ebola. » La��exemple de la Sierra Leone qua��il connaA�t bien est plus qua��A�vocateur A� ce titre. « C’est pour cela que ce forum est important. Il intA?gre le secteur privA� et l’encourage A� investir dans le secteur agricole, aux cA?tA�s des gouvernements et surtout des producteurs. A� la fin, tout le monde y gagne, c’est du win win ! Ca��est un challenge pour le monde entier. Aujourda��hui, le monde est conscient de cela… ce qui n’A�tait pas le cas il y a 20 ans. »

Cibler les femmes et les jeunes

« C’est avec l’inclusivitA� des petits producteurs dans le milieu rural, des PME, des femmes que la��on pourra crA�er plus da��opportunitA�s »,A� prA�conise Eugenia Serova, directrice au sein de FAO (organisation des Nations-Unis pour la��alimentation et la��Afrique). Ca��est A�galement la��approche suivie par le Fida,A� une agence spA�cialisA�e des Nations-Unies qui se mobilise pour la rA�duction de la pauvretA� dans le monde rural.A� « Notre cible principale, ce sont les petits producteurs, en particulier les femmes et les jeunes. Toute une littA�rature dA�montre la corrA�lation entre la��autonomisation A�conomique des femmes et la lutte contre la pauvretA�, rappelle Rasha Omar, qui reprA�sente le Fida en RDC. Pour la��autonomisation A�conomique des femmes, ce qui marche : la��alphabA�tisation, la��accA?s au conseil agricole, la rA�duction de la pA�nibilitA� du travail, la��accA?s aux services financiers et tout particuliA?rement la��accA?s au foncier. Pour les jeunes, il sa��agit de rendre le travail moins pA�nible, ils ne veulent pas subir que ce leurs parents ont suivi, en ciblant les activitA�s A� haute valeur ajoutA�e qui peuvent A?tre concentrA�es sur de petites surfaces, comme la�� apiculture, la pisciculture ou le maraA�chage. » Des actions menA�es par le Fida A� travers « un mA�lange de subventions et de crA�dits accordA�s par les A�tablissements financiers de la place ». Par ailleurs, souligne-t-elle, il convient da�� »assurer la reprA�sentation des jeunes et des femmes dans les conseils et autres organes reprA�sentatifs de la vie rurale. C’est cela qui leur donne une voix et leur permet d’avancer ».

« Avec Ebola, il va y avoir une crise alimentaire en Afrique de la��Ouest »

Au-delA� des institutions internationales, des partenaires privA�s tels que AGCO, sociA�tA� amA�ricaine de fabrication da��A�quipements agricoles, ont A�galement ciblA� les petits exploitants. « Je suis originaire de Somalie, oA? ja��ai grandi, je connais la famine », raconte Nuradin Osman, directeur des opA�rations Afrique et Moyen-Orient chez AGCO, un homme qui na��a reA�u pour bagage que le fait d’avoir accompagnA� sa mA?re sur les marchA�s pour vendre des tomates. « Je connais la famine. Ja��ai quittA� le pays adolescent pour les Pays-Bas avec une obsession : qu’est-ce que je peux faire pour le continent ? Le dA�fi en Afrique, ca��est la disposition des aliments. Je devais me focaliser sur l’augmentation de la production agricole. » Avec un chiffre da��affaires de 10 milliards de dollars, dont 53A�% sur la zone Afrique, Moyen-Orient et Europe, AGCO, prA�sente A� travers le monde, propose des solutions globales et notamment des solutions high-tech. « On peut utiliser les smartphones pour l’agriculture, mais cela demande de la formation pour utiliser les nouvelles technologies. Nous, A� AGCO, on dA�livre des services complets. On commence par assurer l’A�coulement des marchandises, donc le transport, ce que nous faisons en Zambie. » Aujourda��hui, AGCO vise la��Afrique de la��Ouest. « Avec Ebola, il va y avoir une crise alimentaire. Les exploitants familiaux ne peuvent plus aller sur les champs. »

La��Afrique a vendu pour 100 milliards de dollars de terres depuis 2000

En dA�finitive, selon Priya Gajraj du PNUD, « la quA?te de l’A�mergence en Afrique dA�pend de l’agriculture. L’Afrique est en passe de devenir un continent stratA�gique pour l’agriculture. Avec 60A�% des terres non cultivA�es, suffisamment de ressources en eau, de main-d’oeuvre, elle peut rA�pondre A� la demande mondiale ».A�Pour relever ce challenge, le forum sa��est achevA� sur « la dA�claration de Kinshasa », soit une stratA�gie pour dA�velopper le secteur agricole en Afrique en intA�grant tous les maillons de la chaA�ne, des exploitants familiaux aux gouvernements en passant par les opA�rateurs privA�s et les bailleurs de fonds. A� condition A�galement de protA�ger le foncier en Afrique. La question A�pineuse A� laquelle nombre da��A�tats font face en essayant de mettre A� jour leur code foncier et alors que Chinois, Saoudiens ou Qataris pratiquent une politique agressive da��achats de terres en Afrique guidA�s par le besoin de produire pour leur marchA� intA�rieur… sans rA�ellement participer au dA�veloppement de la��agriculture locale. Selon des rapports de la��Union africaine, la��Afrique a cA�dA� pour plus de 100 milliards de dollars de terres depuis la��an 2000. A� ce titre, la��Afrique du Sud a annoncA� rA�cemment que les A�trangers ne pourraient plus acheter de terres dans le pays da��ici cinq ans. Une entrave qui en annonce d’autres.

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6 commentaires

sur 15 April 2015

mais les africains ne le savent pas c’est domage

sur 15 April 2015

l’avenir de ce monde sera entre les mains des africains mais cela demande une prise de conscience de la jeunesse retournons vers l’agriculture

sur 15 April 2015

attention on est confronte a l’accaparement des terres en afrique par les nantis et les dirrigeants

sur 15 April 2015

Un beau site avec des articles interessant differents de la merde que nous servent certain site
Bravo aux initiateurs toutes mes encouragements

sur 15 April 2015

Merci et vive l’Afrique et ses dignes fils l’agriculture la porte du développement

sur 15 April 2015

Fier d’être africain



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