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(Portrait) Modou Fall, un militaire devenu A�homme plastiqueA�

Accueil / dechets / portrait / 5 mai 2015

Il cristallise le regard de toutes les personnes qui croisent son chemin, attirA�es qu’elles sont par la��amas da��ordures, fait de dA�chets plastiques, qui lui sert de manteau. Plusieurs personnes pensent avoir affaire avec un A�malade mentalA�. Plusieurs fois, on lui a lancA� un a�?ndeyssanea�? A�plorA�, sans le connaitre. Et pourtant, l’homme a bien la tA?te sur les A�paules. Il n’est ni un fou, ni un dA�rangA�. Ni un dA�sespA�rA�, ni un je-m’en-foutiste. Il mA?ne un combat patriotiqueA�: lutter contre les dA�chets plastiques. MalgrA� des a�?menaces de morts A�manant da��industries de plastiquesa�?, il ne recule pas d’un iota parce que n’ayant pas l’A?me d’un peureux. Il est un ancien militaire, un a�?diambara�? qui a sacrifiA� sa vie pour l’honneur de son pays. Ce ne sont pas des menaces en l’air qui le feront fuir. Il s’active A� travers son association dA�nommA�e A�SA�nA�gal PropreA�. Son nomA�: Modou Fall.

nolvadex reviews Taille longiligne, noirceur d’A�bA?ne, visage cachA� sous un chapeau A�fait de tas de sachets et de pots de plastiques, il a fini de s’accommoder du nom A�vocateur d’ A�homme plastiqueA� dont on l’affubule. AgA� de 46 ans, il est un natif de Dakar, plus prA�cisA�ment A� la rue 5 de la MA�dina. MariA� et pA?re de 4 enfants, dont deux dA�cA�dA�s, il tente tant bien que mal A� gA�rer sa vie et sa famille. Sa seule ambition, faire en sorte que les dA�chets plastiques soient dA�finitivement A�liminA�s du dA�cor sA�nA�galais.

Pourtant, il y a juste quelques petites annA�es, si quelqua��un lui avait soufflA� A� la��oreille que sa vie se rA�sumerait A� se vA?tir da��ordures de la tA?te aux pieds, A� errer dans les rues pour sensibiliser les populations sur le danger des sachets plastiques, Modou na��en croirait pas ses oreilles.

Orphelin de pA?re et mA?re Erythromycin buy online india

Issu da��une fratrie assez large, avec des frA?res et petites sA�urs, le dA�fenseur de la nature a, en effet, trA?s tA?t pris son destin en main. Orphelin de pA?re A� la��A?ge de deux ans, il na��a pas attendu la��aide de son frA?re ainA� pour sa��en sortir. Sa famille divisA�e aprA?s le dA�cA?s de sa mA?re, il part vivre A� Pikine, chez ses grands parents paternels. LA�-bas, il complA?te une A�ducation faite de valeurs, sous l’aile protectrice de ses tantes et oncles. Ses A�tudes s’arrA?tent en classe de Cm2. Il se cherche alors un mA�tier, titille la tA?lerie et la menuiserie avant de devenir marchand ambulant, auprA?s da��une tante au marchA� Sandaga. Deux ans et demi A� errer dans les rues de Dakar pour A�couler sa marchandise et le voilA� A� l’A?ge de la maturitA�. Il a 18 ans. Sa mA?re dA�cA?de, le plongeant dans une douleur indescriptible. A�La perte de ma mA?re a A�tA� la plus dure chose qui me soit arrivA�e de toute ma vie. Ma mA?re na��A�tant plus lA�, il fallait que quelqua��un assure les besoins de la familleA�, dit-il. Il s’enrA?le dans la��armA�e et le voilA� A� Bango oA? il affronte vaillamment une formation faite de privations. AprA?s sa formation au centre d’instruction, il est affectA� A� la gendarmerie. Au bout de ses deux ans de durA�e lA�gale, il quitte la tenue et retourne A� Sandaga comme marchand ambulant. Les responsabilitA�s commencent A� peser sur ses A�paules. Il prend une A�pouse, surtout pour rassembler sa famille, dit-il. a�?Avec 250.000 FCFA, je me suis alors mariA�A�, raconte-t-il.

Mais mA?me s’il a quittA� la tenue, l’armA�e a dA�teint sur lui. Il est plus sensible aux autres, plus patriote qu’il ne l’A�tait et cherche A� faire quelque chose pour son pays. Servir les autres devient son sacerdoce. Pour commencer, il sa��occupe bA�nA�volement de la propretA� du marchA� Sandaga et de la mosquA�e de ce marchA�.

Ramasser les ordures, une idA�e venue de nulle part

Tout commence en 2006. Modou Fall cherche des bouteilles da��eau et les met A� la disposition de la mosquA�e pour les ablutions. Plus tard, il cherche des sacs de riz vides, les tisse, les lave et les A�tale dans les rues et dans la mosquA�e pour la priA?re de vendredi. Lorsque le marchA� Sandaga reA�oit un trop plein d’ordures, il improvise une journA�e A�Set SA�talA�. Avec ses talents de rassembleur, il ne tarde pas A� rallier A� sa cause d’autres marchands ambulants. Petit A� petit, des gens adhA?rent. Il crA�e alors une association dA�nommA�e A�SA�nA�gal propreA� en 2008. Association dont le but A�tait de se dA�placer dans les quartiers, mosquA�es, voies publiques, quartiers, cimetiA?res, entre autres lieux, pour les nettoyer. Mais son ambition dA�passe ses moyens financiers. Il ne dA�sespA?re pas pour autant. AprA?s avoir rA�cupA�rA� sa mise d’une tontine de 300.000 f, il consacre entiA?rement la somme A� la��achat de matA�riels pour son association. Sa famille peut attendre. Elle vivra de ce qu’il gagne quotidiennement en tant que marchand ambulant.

Modou Fall commence alors A� se faire un nom A� travers les A�uvres de son association. Mais, aucune autoritA� ne pense l’aider dans son initiative. A part une lettre que l’ancien prA�sident Abdoulaye Wade lui avait envoyA�e pour le fA�liciter, rien d’autre n’est fait. Toutes ses dA�marches auprA?s des tenants du pouvoir de l’A�poque restent vaines. Son association se console quand mA?me avec des prix nationaux et gagne… 2 pelles, 2 rA?teaux et une brouette en guise da��appui de la part de la��Etat. AprA?s cela, beaucoup de membres de son association, dA�couragA�s, perdent patience et jettent l’A�ponge. A�Le rA�gime de Wade a consommA� des milliards sur la question des dA�chets plastiques et personne na��a rA�ussi A� porter le combat comme il se devait. Sinon, il na��existerait plus de plastiques au SA�nA�galA�, dA�plore-t-il. Ses campagnes de sensibilisation, ses investissements personnels, les efforts fournis de jour en jour na��ayant pas servi A� quelque chose, Modou Fall dA�cide de changer sa maniA?re de lutter.

Le concept A�A�da��Homme plastiqueA�A�

2010 sonne. Il est temps pour la��association de changer de fusil d’A�paule pour plus de visibilitA�. A�Il fallait que les gens nous connaissent. Parce que nous existons pour euxA�. Modou a pensA� que la meilleure maniA?re de faire A�tait de porter le combat, A�porterA� au vrai sens du terme. La��idA�e lui vient alors de confectionner une tenue avec des dA�chets plastiques. Il en parle aux membres restA�s dans l’association et personne ne veut le suivre dans son idA�e de a�?foua�?. Naturellement, il se porte volontaire. A�La��homme plastiqueA� est nA�. Il renonce A� tout ce qui est transport commun et ignore le regard A�mA�prisant et sA�vA?reA� des autres. Sa dA�termination est plus forte que tout. Il parcourt Pikine et Sandaga tous les jours A� pieds, muni de son charriot sonorisA� sur lequel il est A�critA�: A�Non aux dA�chets plastiquesa�?. Cependant, son accoutrement lui vaut bien des dA�convenues. La��accA?s A� certains endroits et structures lui est interdit. A�On ma��a insultA�, mal jugA�, stigmatisA�, fui. On me prenait pour un fouA�, dit-il en riant.

Lors da��une randonnA�e pour la lutte contre le virus Ebola au SA�nA�gal, Modou vit mA?me la pire expA�rience de sa vie. Quelqua��un, une autoritA�, la��accuse da��avoir volA� son portable. A�Ja��ai A�tA� humiliA� et cela a A�tA� mon plus mauvais souvenir. Le gars qui ma��a accusA� est un personnage public. Il me connaissait bien. Les vigiles A� qui ja��avais confiA� mes affaires ma��ont encerclA�, tout le monde me regardait. Le monsieur a fouillA� mon sac et na��a rien trouvA�. Ja��avais peur, ca��est vrai, mais A� la fin ja��A�tais soulagA�. Comme si ce na��A�tait pas suffisant, il m’a demandA� de me dA�shabiller. Je na��en revenais pas, mais ja��ai obA�i. Il ne me restait plus que ma culotte. Ca��A�tait la plus grande honte de ma vie. AprA?s, ja��ai pris mes affaires et je suis partiA�, dit-il.

Cette mA�saventure ne l’a pas dA�couragA� pour autant. En tout cas, pas au moment oA? son combat commence A� porter ses fruits avec le vote de la loi sur l’interdiction des sachets plastiques A� faible micronnage.

A�Ca��est aujourda��hui que je vais encore plus porter ma tenue. Maintenant qua��il existe une loi qui interdit la production, la��importation, la dA�tention et la distribution de dA�chets plastiques, mon combat ne fait que commencerA�, prA�vient-il. Modou Fall ne compte pas ranger sa tenue, ni croiser les bras A� regarder faire. Da��ailleurs dit-il, son principal dA�faut, ca��est A�de finir tout ce qua��il commence, peu importe ce que A�a lui couteA�. A�A�Quand ja��ai une idA�e, je ne suis pas tranquille tant que je ne la��ai pas accompli. Je suis tA?tuA�.

En attendant de voir la��A�volution et la��application effective de cette mesure, Modou Fall joue sa partition dans la lutte, en vendant des sachets en papier A� la place de ceux en plastique. Patriote il est. Patriote il mourra.Bentyl without prescription


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