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Dans les colonies agricoles israA�liennes, la��exploitation des enfants palestiniens

Accueil / agriculture-peche-foret / alarme / catastrophe / international / 16 juin 2015

Mohammed a 14 ans. Originaire de la VallA�e du Jourdain, il travaille dans une colonie agricole israA�lienne. Salaire de misA?re, travail extA�nuant, exposition aux pesticides. Selon Human Rights Watch, il est la��un des 500 A� 1 000 enfants palestiniens exploitA�s dans les colonies israA�liennes.

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Mohammed* (photo ci-dessous), 14 ans, est originaire de la VallA�e du Jourdain. Depuis six mois, il travaille dans une colonie agricole israA�lienne pour soutenir sa famille. Travail extA�nuant pour un salaire minime, il est la��un des mille enfants et adolescents employA�s par les colons israA�liens.

« Il est constamment fatiguA� et il a mal au dos. Il dort comme une souche. Quand il ne travaille pas, il joue avec ses amis comme un enfant normal », dA�crit Umm Ahmad*, la mA?re de Mohammed. Dans le village de Zbeidat, dans la VallA�e du Jourdain, assise avec son fils sur des matelas fins posA�s A� mA?me le sol, dans un salon rA�servA� aux invitA�s sans vitres aux fenA?tres, elle explique que ses trois fils a�� Mohammed et ses deux frA?res de 19 et 21 ans a�� ont tous quittA� la��A�cole pour aider leur famille. Ils travaillent A� prA�sent dans la colonie agricole la plus proche pour 16,4 euros par jour, comme leurs parents avant eux.

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Mohammed plante, rA�colte et emballe des dattes et des piments. Bien que de petite constitution, il doit porter des caisses de 20 A� 25 kilos chacune. Son superviseur la��empA?che de les trainer. Quelques semaines avant de le rencontrer, le dos bloquA�, Mohammed avait dA� rester couchA� pendant trois jours sans salaire : « Je ne pouvais mA?me pas soulever une bouteille da��eau », raconte-t-il.

Ses frA?res ont eux aussi eu leur lot de blessures. La��un da��entre eux a dA� A?tre opA�rA� aprA?s qua��une A�pine de palmier dattier la��ait blessA� au genou : 118 euros la��opA�ration, A� la charge de la famille. La��aA�nA� devra A�galement en subir une prochainement, 424 euros A�galement payA�s par la famille seule. BlessA� au nez par une caisse, il souffre aussi de troubles respiratoires depuis ses 17 ans en raison de la poussiA?re.
La famille da��Umm Ahmad na��est pas un cas isolA� dans la VallA�e du Jourdain. Le 14 avril dernier, un rapport de Human Rights Watch (HRW) dA�nonA�ait la��emploi de 500 A� 1 000 enfants palestiniens dans les colonies agricoles israA�liennes. Les A�quipes de la��ONG internationale ont interrogA� 38 enfants, certains ayant commencA� A� travailler A� la��A?ge de 11 ans

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Deux travailleurs agricoles palestiniens, dont la��un aI�geI? de 16 ans, sur la remorque plateau da��un tracteur se dirigeant vers la ferme da��une colonie israeI?lienne en Cisjordanie. Photo issue du rapport de HRW.

Chaleur, machines lourdes et pesticides

Les conditions de travail dans les colonies dA�crites par les enfants interviewA�s par HRW sont, da��une maniA?re gA�nA�rale, terribles. Les tempA�ratures pouvant en effet monter jusqua��A� 45 degrA�s en A�tA� dans la VallA�e, beaucoup da��enfants a�� en particulier ceux travaillant sous serre a�� souffrent da��insolation et de dA�shydratation sA�vA?re. Les blessures dues aux serpents et scorpions, et aux machines lourdes destinA�es A� la��emballage des produits sont courantes.
Les enfants sont A�galement fortement exposA�s aux insecticides, herbicides, fongicides, et autres produits chimiques qua��ils dispersent eux-mA?mes, ou lorsqua��ils travaillent aux champs aprA?s ou pendant que ceux-ci sont dispersA�s. Selon HRW, certains des produits identifiA�s seraient des neurotoxines, entrant principalement dans le corps via la peau.

Si moins de filles travaillent dans les colonies que les garA�ons, HRW rapporte toutefois leur emploi par les colons pour des travaux similaires.

nolvadex reviews Si moins de filles travaillent dans les colonies que les garA�ons, HRW rapporte toutefois leur emploi par les colons pour des travaux similaires.

Selon la��Organisation internationale du travail (OIT), citA�e par HRW, la��exposition aux pesticides des enfants de moins de quinze ans augmenterait le risque de tumeurs malignes (sarcomes des tissus mous) par cinq et le risque de leucA�mie par trois. Da��autres A�tudes, toujours selon la��OIT, montrent A� que le dA�veloppement neurologique des jeunes est affectA� par la��exposition aux pesticides A�, causant potentiellement A� une intelligence diminuA�e et des anormalitA�s comportementales plus tard dans la vie. A�

Si la��organisation manque da��A�tude mA�dicale prA�cise sur le sujet, HRW relaie toutefois des tA�moignages da��enfants indiquant qua��ils ne connaissent souvent pas le nom des produits employA�s mais souffrent pour certains de pelades, de troubles sexuels dus A� un bas taux de testostA�rone, de troubles respiratoires et de pertes de conscience

Voir la vidA�o de Human Rights Watch :

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Impasse

La VallA�e du Jourdain est la zone la plus touchA�e par ce phA�nomA?ne. SituA�e A� la��est de la Cisjordanie, A� la frontiA?re avec la Jordanie, elle est pour IsraA�l une zone militaire stratA�gique bien que les deux pays aient signA� un traitA� de paix en 1994.
Selon HRW, prA?s de 94 % de la VallA�e du Jourdain est actuellement hors da��atteinte pour les Palestiniens. Selon la��organisation israA�lienne Ba��Tselem, 45 km2 seulement sur les 2 400 que compte la VallA�e sont sous contrA?le de la��AutoritA� palestinienne et seuls 50 000 Palestiniens sont autorisA�s A� vivre dans les villages sous contrA?le israA�lien. Les autres doivent, pour y accA�der, obtenir un permis des autoritA�s militaires

Vue sur la VallA�e du Jourdain

Vue sur la VallA�e du Jourdain

Trente-sept colonies israA�liennes, peuplA�es da��environ 9 500 colons ont menA� A� la confiscation de 86 % des terres agricoles. Avec le passage de ces terres sous la juridiction des conseils rA�gionaux des colonies, les Palestiniens ont A�galement A�tA� coupA�s de dizaines de puits servant A� la��irrigation et A� la consommation. Certaines communautA�s na��auraient ainsi accA?s qua��A� 20 litres da��eau par jour et par personne au lieu de 487 pour les colons israA�liens selon les estimations des ONG locales.

Dans ce contexte, le dA�veloppement de la��A�conomie palestinienne se trouve dans une impasse. Le taux de pauvretA� atteint ainsi 33,5 % dans la VallA�e contre A� seulement A� 28,2 % dans le reste des territoires palestiniens de Cisjordanie.
En raison de la��A�troit contrA?le militaire de la VallA�e, y compris sur les constructions, la��accA?s A� la��A�ducation est de surcroA�t refusA� A� plusieurs milliers de jeunes Palestiniens. Selon HRW, 39 A�coles se sont retrouvA�es en 2013 sous le coup da��un ordre de dA�molition ou da��arrA?t de construction, empA?chant 4 500 A�lA?ves de continuer leur scolaritA�.

Ecole de Fasayel

Ecole de Fasayel

A� Il y a plus de 15 communautA�s sans A�coles dans la VallA�e du Jourdain. Ils ne sont pas autorisA�s A� en avoir une. Beaucoup de parents ne peuvent pas payer le transport et il na��y a da��ailleurs pas de transport, ils doivent utiliser des taxis privA�s A�, dA�plore Sireen Sawafta, actrice dans une piA?ce de thA�A?tre sur le travail des enfants palestiniens dans les colonies, actuellement en tournA�e en Cisjordanie.

A� Je na��aime pas travailler dans les colonies A�, dit Mohammed, A� mais je dois le faire. Je prA�fA?re travailler dehors avec les moutons, avec mon pA?re, ca��est beaucoup mieux. A� Son rA?ve est de rA�parer des bicyclettes.
Produire des alternatives A�conomiques viables

HRW appelle au boycott des produits israA�liens venant des colonies et au soutien A� la crA�ation da��alternatives A�conomiques pour les Palestiniens de la VallA�e du Jourdain.
Pendant ce temps, les acteurs locaux font A�galement de leur mieux pour rA�soudre le problA?me. Yousef Zubeidat, directeur de la��A�cole de Fasayel, un village proche de Zbeidat, a aujourda��hui 157 enfants A� sa charge contre 75 A� la��ouverture de la��A�cole en 2008.
A� Ja��ai demandA� A� toutes les organisations de nous aider, pour changer les mentalitA�s, la culture, laisser les enfants A� la��A�cole. Nous conseillons A� ces derniers da��apprendre un mA�tier technique au lieu da��aller travailler dans les colonies A�, explique-t-il. Son engagement commence A� porter ses fruits. Seize enfants seulement ont quittA� la��A�cole cette annA�e depuis septembre contre une quarantaine il y a environ trois ans. A� Nous travaillons, nous changeons les choses, et nous espA�rons que les chiffres tomberont a zA�ro A�, affirme Zubeidat avec motivation

Yousef Zubeidat retrace la construction de son A�cole - fruit de la coopA�ration des habitants et da��organisations locales.

Yousef Zubeidat retrace la construction de son A�cole – fruit de la coopA�ration des habitants et da��organisations locales.

Fournir et trouver des alternatives A�conomiques sont pour Umm Ahmad la seule solution directe au problA?me : A� La��AutoritA� palestinienne ne nous offre pas da��autre travail. Les colonies sont le seul endroit oA? nous pouvons en trouver. La solution est de construire des entreprises et fermes palestiniennes oA? nous, Palestiniens, pourrons servir notre sociA�tA�, nos familles et notre A�conomie nationale. A�

Julie Couzinet (Reporterre)cheap nolvadex


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