Urgent

BOMBE ECOLOGIQUE MBEUBEUSS – pollution de la nappe phreatique,gaz a effet de serre, changements climatiques, emissions de fumA�es toxiques

Accueil / alarme / catastrophe / changements climatiques / dechets / 19 octobre 2015

La dA�charge de Mbeubeuss constitue une menace rA�elle pour les populations de Dakar. Alors qua��elle est presque en permanence ravagA�e par le feu qui couve sous les dA�chets, elle A�met des fumA�es toxiques qui suffoquent les habitants de Keur Massar, Malika, Keur Mbaye Fall et Rufisque.A� Elle prA�sente A� cet A�gard un certain nombre de risques sanitaires et environnementaux et contribue de ce point de vue, aux rA�chauffements climatiques avec ses A�missions de mA�thane et de CO2 considA�rA�s comme des gaz A� effet de serre. Mbeubeuss, qui pollue la nappe phrA�atique, est A�galement A�mettrice de polluants organiques comme les dioxines et les furannes connus pour leur rA�sistance, et qui ont un impact nA�gatif sur la santA� humaine. Mais malgrA� tous ces aspects dangereux, Mbeubeuss a une vie et une histoire humaines. La��organisation autour de la dA�chargeA� draine une certaine A�conomie qui fait vivre du monde et contribue A� la rA�gulation de la criminalitA� A� Dakar. Une fonction sociale non nA�gligeable que ce reportage met en exergue.

En cette matinA�e du lundi, le vrombissement des moteurs des camions et la��A�paisse fumA�e blanchA?tre trahissent la quiA�tude sur la colline surplombant le lac Mbeubeuss devant le Daara de Malika. Ca��est la��entrA�e principale de la dA�charge publique qui reA�oit tous les dA�chets de la rA�gion de Dakar. A la porte da��entrA�e, alignA�s en file indienne, plusieurs camions attendent leur passage sur le pont bascule pour peser leur contenu.

UN CAFE DE MBEUBEUSS

Ca��est le moment choisi par les apprentis pour passer A� cA?tA� sous les tentes de fortune, chez NgonA� ou Adji, pour prendre leur petit dA�jeuner ou simplement boire un cafA� de Mbeubeuss, sans se soucier du bourdonnement des mouches ou de la��odeur ambiante de la dA�charge qui enveloppe la��atmosphA?re. De sa main droite, Moussa, presqua��en haillons, tient son pain, oA? les mouches sa��invitent. Par ci par lA�, ca��est la gaitA� de vivre. Presque chacun a le sourire aux lA?vres. La vie est belle A� Mbeubeuss.

EMBOUTEILLAGE A MBEUBEUSS

Deux camions bleus se succA?dent sur le pont bascule et se suivent en direction de la plateforme de dA�barquement situA�e A� prA?s de quatre kilomA?tres A� la��intA�rieur. Moussa se prA�cipite, A�courte son petit-dA�jeuner et entame un sprint digne da��un coureur de 100 mA?tres. Il sa��agrippe A� la��un des camions sur lequel il trouve deux jeunes enfants qui, eux aussi, partent travailler A� la plateforme da��oA? ils ressortiront avec quelque chose A� vendre. Le ballet des camions qui rentrent et ressortent de Mbeubeuss est impressionnant. Il y a environ 368 camions de 20 concessionnaires qui frA�quentent la dA�charge de Mbeubeuss. Le panorama du jour est impressionnant. Incroyable mais vrai ! Il y a un embouteillage de camions A� Mbeubeuss. Selon Pape Ndiaye, la��Etat est responsable de cette situation car la piste da��accA?s est impraticable. A�Au SA�nA�gal, les gens ne mettent pas les personnes qua��il faut A� la place qua��il faut. Ceci est un exemple, aucun vA�hicule ne peut accA�der A� la plateforme. Confier une responsabilitA� A� quelqua��un qui a un stylo et une feuille ne rA?gle rien dans ce pays. Il faut confier les choses A� ceux qui en ont la��expA�rience. On a pris des gens da��un Gie de Malika A� qui on a confiA� le travail en leur donnant des sifflets pour orienter les camions. Or les rA�cupA�rateurs connaissent mieux cette plateformeA�, signale le porte-parole de la��association A�Bokk DiomA� des RA�cupA�rateurs et Recycleurs de Mbeubeuss qui rA�vA?le que beaucoup da��argent a A�tA� dA�jA� investi sans donner les rA�sultats escomptA�s. A�Combien de chargements de camions de pierres et de gravats sont passA�s par lA� avant la��arrivA�e de la��hivernage ? Mais rien na��y fait, les vA�hicules na��ont pas de chemin pour accA�der A� la plateforme. Ils sont tous bloquA�s. Et ces chargements de pierres ont coA�tA� de la��argentA�, critique Pape Ndiaye. A�Nous na��allons jamais leur dire ce qua��il faut faire, car nous ne sommes pas associA�s A� cette affaire. Nous savons trA?s bien ce qui peut rA�guler Mbeubeuss. Regardes leur maniA?re de faire. Tout est bloquA� ici. TantA?t ils lA�, tantA?t ils sont lA�-bas. Ils ne font que bA?tir des montagnes, ils ne font rien de bon car ils na��ont aucune expA�rience de A�aA�, poursuit Pape Ndiaye. Un chauffeur de camion interrogA� explique qua��il leur arrive mA?me de passer la nuit dans cet embouteillage.

LE GENRE Sa��INVITE A MBEUBEUSS

Dans la division du travail A� Mbeubeuss, les femmes sont libres et occupent une place de choix. Elles ne dA�pendent pas des hommes et travaillent A� la sueur de leur front. Il na��y a pas une division phallocratique du travail. Ca��est ce que nous apprend le porte-parole de la��association A�Bokk DiomA� des RA�cupA�rateurs et Recycleurs de Mbeubeuss. A�Nous sommes presque prA�curseurs de la politique de paritA� au SA�nA�gal, car nous avions A�tA� les premiers A� respecter le principe : un homme, une femme. Notre compagnonnage avec les femmes date da��avant le vote de la loi sur la paritA�. Nous collaborons bien avec les femmes dans le cadre du travail. Elles font les mA?mes tA?ches que les hommes A�, nous apprend Pape Ndiaye. A�Les femmes sont bien protA�gA�es A� Mbeubeuss. On ne les bouscule pas. Il y a une dA�mocratie interne qui permet de soutenir les femmes dans leurs conflits avec les hommes. La rA?gle est de les laisser travailler librement comme tout le monde. Aucun chantage na��est exercA� sur elles. Ce sont de braves femmes qui, pour la plupart, sont des mA?res ou des soutiens de familles.A�, explique-t-il. Avant de poursuivre : A�Beaucoup da��entre elles travaillaient comme des femmes de mA�nage et A�taient souvent exploitA�es. Te faire travailler jusqua��A� la fin du mois pour ta��accuser de vol ou te demander de patienter parce que le mari du patron na��a pas encore perA�u, na��est pas intA�ressant. MA?me si on rentre chaque jour avec 500 FCFA, ca��est 15000 FCFA qui te permet de rA�gler certaines choses A� la fin du mois. Et les femmes rentrent avec plus que A�aA�.A� Son nom de A�guerreA� est Aladji Bankhass.

De son vrai nom, El Hadj Malick Diallo, il est le prA�sident de la��association A�Bokk DiomA� des RA�cupA�rateurs et Recycleurs de Mbeubeuss. Il nous apprend qua��il na��y a pas de division du travail A� Mbeubeuss. A�Ca��est chacun pour soi, Dieu pour tous. Si ramasser est ton mA�tier, tu as toujours hA?te de voir quelqua��un jeter ou verser. Quand on verse, ce na��est pas A�vident qua��on le valorise. Et ca��est A�a notre criA�, dit-il. A�Il y a plus de 3000 rA�cupA�rateurs qui sa��activent dans la dA�charge de Mbeubeuss parmi lesquels 2500 disposent de la carte de membre de la��association. Quand ja��arrivais comme prA�sident, ils A�taient 1800 A� avoir la carte de membre. Il y a environ 350 femmes dans la��association. Le nombre de femmes augmente, car il y a des matA�riaux pour femmes comme les toiles et ce que nous appelons ici les A� ndeyalA� A�, ca��est-A�-dire les bassines et les seaux cassA�s. Ce na��est pas lourd, ca��est trA?s lA�ger et A�a arrange les femmesA�, raconte-t-il.

LES ORDURES SONT DE La��OR

Pour Pape Ndiaye, les ordures rA?glent beaucoup de situations sociales au SA�nA�gal. A�Ja��aurais mA?me prA�fA�rA� qua��on change le nom. Le SA�nA�gal dispose da��un trA�sor intarissable. Les ordures sont de la��or. La��Etat le sait bien, car tous les bailleurs de fonds investissent dans les ordures. Tout le monde y cherche son compte, mA?me les Asiatiques sont lA�. Donc, ils savent que ca��est important. Il ne manque que la��organisation. Ca��est de la��argentA�, nous apprend-il. A�Nous crions pour qua��on nous valorise les dA�chets. Certains de nos membres ont voyagA� pour assister A� des rencontres internationales sur la gestion et la valorisation des dA�chets. La��Etat ne fait aucun effort pour valoriser les dA�chets. Da��ailleurs, il na��y a jamais eu de ministre du Gouvernement du SA�nA�gal qui a mis le pied dans la dA�charge de Mbeubeuss de 1972 A� nos jours. Il faut que A�a soit clairA�, dA�clare Aladji Bankhass. Toutefois, il a tenu A� signaler que le seul ministre sA�nA�galais venu A� Mbeubeuss est Awa Ndiaye. A�Je la remercie au passage parce qua��elle est venue ici et nous a ensuite donnA� 10 millions FCFA et 3 ordinateurs HP de trA?s bonne qualitA� aprA?s nous avoir reA�us. Quand elle venait ici en 2011, il y avait un incendie A� la dA�charge. Elle passait par lA�, en partance A� la prison de Rufisque dans le cadre de la journA�e du dA�tenu. Il y avait trop de fumA�e et quand elle avait demandA� A� un membre de sa dA�lA�gation, ce dernier lui avait signalA� que la dA�charge A�tait en feu. AccompagnA�e da��Ibrahima Diagne de la��UCG, elle A�tait venue nous voir. Constatant le nombre important de femmes sur place, elle avait dA�cidA� de nous soutenir dans le cadre du genreA�, rA�vA?le-t-il.

La��ECONOMIE DE MBEUBEUSS

El Hadj Malick Diallo, dit Aladji Bankhass, PrA�sident de la��association A�Bokk DiomA� des RA�cupA�rateurs et Recycleurs de Mbeubeuss nous signale qua��A� Mbeubeuss la��investissement est simplement physique. A�Je ne peux pas te dire que le recyclage et la rA�cupA�ration sont un mA�tier qui ta��enrichit, mais qui ne ta��appauvrit pas non plus. Ici, on ramasse seulement, on na��achA?te rien. On vend mais on na��investit rien. Et chaque jour tu peux ramasser quelque chose que tu peux vendre A� 1500, 2000, 3000, 5000, voire 10 000 FCFA. Si tu es brave, tu peux faire de bonnes affaires, quelque fois tu peux rA�colter seulement 500 FCFA qui te permettent tout au moins de rA�gler ton petit dA�jeunerA�, dA�voile-t-il. A�AprA?s coup, on peut ramasser quelque chose qua��on vend A� 1500 FCFA ou plus et envoyer cet argent A� la maison. Ceci est un investissement. Da��ailleurs, une A�tude que nous avons menA�e avec la Banque a montrA� que MbeubeussA�A� regorge un trA�sor de 20 millions FCFA par jourA�, poursuit-il. A�En tant que prA�sident de notre association, je peux dA�montrer au minimum les 10 millions FCFA. Et mA?me si ce na��A�tait que A�a, nous aurions pu nous en sortir. Il y a la SociA�tA� Dia Plastique (Sodia Plast) installA�e A� SA�bikotane qui achA?te les sachets plastiques. A ses dA�buts, elle envoyait une fourgonnette mais aujourda��hui, elle charge trois camions de 30 tonnes. Mais si ce sont les sachets plastiques, ca��est entre 10 A� 15 tonnes. Or, chaque tonne coA�te 75 000 FCFA. Les quinze tonnes font 1 125 000 FCFAA�, dA�voile-t-il.

12 MILLIARDS POUR 20 CONCESSIONNAIRES

Selon El Hadj Malick Diallo, la��implantation du Chinois qui a crA�A� sa petite unitA� industrielle prA?s de Mbeubeuss devrait A?tre auditA�e. A�Un Chinois a crA�A� sa petite industrie alors que cette zone na��est pas une zone industrielle. Personne na��a cherchA� A� comprendre comment il sa��est implantA� ici. Je ne peux pas aller lui faire des histoires, car si elle ferme aujourda��hui sans que nous na��ayons aucune alternative, je serai responsable du sort de mes compatriotesA�, souligne-t-il. Avant de renchA�rir : A�Il y a un budget de 10 A� 12 milliards FCFA pour les ordures. Il y a 20 concessionnaires. La plupart des camions sont des TSS qui compressent les ordures. En moyenne, ils transportent sept tonnes da��ordures pesA�es au pont bascule A� la��entrA�e de la dA�charge oA? les chauffeurs reA�oivent des bons. Tout cela revient A� 2576 tonnes par jour, et il y a des camions qui font deux voyages. La tonne coA�te 15 000 FCFA au plus. Donc, en multipliant 15 000 FCFA par 2576, nous avons 38 640 000 FCFA par jourA�. Ainsi, A� la fin de la journA�e, chaque concessionnaire reA�oit de ses chauffeurs lesA� bons qua��il va prA�senter A� qui de droit pour A?tre payA�.

MBEUBEUSS CONTRIBUE A REDUIRE LA CRIMINALITE

La dA�charge de Mbeubeuss contribue beaucoup A� la rA�duction de la criminalitA� A� Dakar. Ca��est le ferrailleur Moustapha GuA?ye qui la��a rA�vA�lA�. A�La��industrie de la ferraille A� Mbeubeuss contribue pour beaucoup A� la rA�duction de la criminalitA� A� Dakar. Quand tu vois quelque chose que tu peux rA�cupA�rer dans les ordures, cela fera que la personne ne songera pas A� aller agresser pour de la��argentA�, renseigne-t-il. Pour lui, A�ceux qui agressent ne veulent pas forcA�ment le faire, mais ils sont peut-A?tre obligA�s pour survivre sous le poids du besoin et de la pauvretA�A�.

Le sieur GuA?ye est convaincu que la fluctuation du prix de la ferraille influe largement sur le taux de criminalitA� dans la capitale sA�nA�galaise. A�Quand le prix de la ferraille descend, cela se rA�percute dans la rue. Ca��est ce qui explique la hausse de la criminalitA� ces derniers temps. Si le prix de la ferraille monte, la criminalitA� baisse. Ils sont forcA�ment liA�sA�, a-t-il laissA� entendre. A�Avec le prix du kilo de ferraille A� 25 FCFA, le manque A� gagner de 75 FCFA reprA�sente 750 000 FCFA chaque mois que nous ne pouvons plus rA�cupA�rer. Nous avions presque 5 tonnes de ferraille tous les 10 jours qui reprA�sentent 750 000 FCFA que nous perdons. Et A�a contribuait beaucoup A� la��A�conomie de notre paysA�, explique-t-il. Pour lui, le prA�sident de la RA�publique, Macky Sall, a A�tA� trompA�. A�On lui a versA� des milliards sans qua��il na��ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. Ces milliards appartiennent en rA�alitA� aux populations. Nous sommes trA?s fatiguA�s et nous avons besoin de soutien. On ne demande pas au prA�sident de nous trouver du travail car nous en avons dA�jA�A�, argumente-t-il en expliquant qua��ils na��envient aucun modou-modou si on les laisse travailler. A�Ce que les modou-modou vont chercher en Europe, nous le trouvons chez nous. Notre souhait est qua��il nous ramA?ne les Indiens qui nous payent de bons prix pour que tout le monde y trouve son compteA�, fait-il.

Pour El Hadj Malick Diallo, dit Aladji Bankhass, prA�sident de la��association Bokk Diom des rA�cupA�rateurs et recycleurs de la dA�charge, A�il na��y a jamais eu de crime A� MbeubeussA�, le seul crime qua��il y a eu date des annA�es 70. A�Mbeubeuss na��a jamais eu de crime, le seul crime qua��il y a eu A�tait involontaire. Il date de la��A�poque de ma jeunesse. Ca��A�tait juste une petite discussion qui avait virA� au drame. La��un des protagonistes avait frappA� la victime avec un bA?ton. Ici, nous sommes bien organisA�s, si quelqua��un est reconnu comme auteur da��une agression, je tiendrais juste une petite rA�union avec les membres du bureau de la��association. Nous allons te prendre et te livrer A� la police pour que nous vivions en paix. Nous sommes des travailleursA�, fait-il. Pour lui, Mbeubeuss est une zone de A�zA�ro crimeA�. A�Je peux entrer ici A� na��importe quelle heure, sans souci, mA?me A� 4 h du matin. Je suis plus A� la��aise ici qua��au terminus de Malika. Je vous assure, demandez A� qui vous voulez, il y a zA�ro crime A� MbeubeussA�, dA�crA?te Aladji Bankhass qui rA�vA?le A�galement que Mbeubeuss na��est pas un lieu de refuge pour criminels. A�Si quelqua��un qui commet un crime vient se rA�fugier ici, nous allons le livrer A� la police. Nous sommes des travailleurs reconnus car nous avons un rA�cA�pissA� de la��Etat. Par consA�quent, nous ne permettrons A� personne de nous gA?cher notre environnementA�, prA�vient-il.

FERRAILLEURS SACRIFIES PAR La��ETAT ?

Ndiaga GuA?ye, lui aussi ferrailleur A� Mbeubeuss, abonde dans le mA?me sens. Toutefois il trouve que les ferrailleurs ont A�tA� A� livrA�s A� aux Chinois par le prA�sident de la RA�publique, moyennant plusieurs milliards de nos francs. A�Nous na��arrivons plus A� vendre. Ca��est notre principal problA?me. Nous achetons la ferraille, nous le transportons A� la��usine SOMETA qui prend notre produit sans nous payer. Elle ne se limite plus seulement au non paiement, mais elle retient notre produit pendant deux mois, ce qui nous fait perdre doublement. Ca��est ce qui nous fait le plus mal car quand les Indiens A�taient lA�, nous A�tions payA�s aussitA?t aprA?s le pesageA�, regrette-t-il. A�Le travail est trA?s physique, ca��est un dur labeur.

Actuellement, le prix de la ferraille a baissA� jusqua��A� 25 FCFA le kilogramme, alors qua��il A�tait A� 100 FCFA le kilogramme A� la��A�poque oA? les Indiens tenaient le monopole du marchA�. Il y a une grande diffA�rence qui ne joue pas en faveur de la��A�conomie de notre pays. Nous sommes vendus aux Chinois qui ont donnA� de la��argent A� la��Etat pour nous bloquer. Maintenant,A� les gens souffrent. Et ca��est une seule personne qui vend, comme une seule boutique dans un village, il dicte sa loi et ouvre ou ferme quand il veutA�, peste-t-il. Le prA�sident des boudioumans, El Hadji Malick Diallo confirme : A�Le rA�gime de Macky Sall nous a imposA� de vendre notre ferraille aux Chinois. Il a bloquA� le marchA� aux Indiens qui la��achetaient auparavant. Or, la��Indien au minimum te donne une moto A� utiliser pour rechercher la ferraille ou un tricycle pour le transporter. Ca��est da��ailleurs pour cette raison qua��on pouvait voir les charrettes faire le tour de la ville A� la recherche de ferraille car les Indiens qui ont la plus grande sidA�rurgie au monde achetaient beaucoup de ferrailles. Ils achetaient tout, du lourd et du lA�ger, mA?me le fil de fer qui provient des pneusA�. Or, A�le Chinois na��achA?te que du lourd, A� une certaine quantitA�. Quand tu dA�passes ses besoins, il na��achA?te pas et tu perds car avec la pluie la ferraille mouillA�e se rouille vite et perd son poids. Ca��est notre problA?me fondamental aujourda��hui. Il fallait libA�raliser le marchA�, instituer une vente libre ou donner aux SA�nA�galais la possibilitA� da��en acheterA�, renseigne-t-il. Un problA?me de conflit da��intA�rA?ts fait surface A� ce niveau. Le boudioumane lA?che : A�En rA�alitA�, ja��ai dA�couvert par la��entremise de Mamadou Lamine Diallo du Mouvement Tekki qui nous avait accompagnA�s faire des investigations dans toutes les usines de ferrailles que le ministre du commerce de Macky Sall de la��A�poque est actionnaire dans les usines ChinoisesA�, nous confie-t-il.

LA GUERRE DES ORDURES

Ils sont nombreux, les camions qua��on voit chargA�s de bidons vides de dix litres A� destination ou en provenance de Mbeubeuss. Ces camions dA�chargA�s A� Mbeubeuss sont encore chargA�s pour re-transporter une partie de leur contenu vers la ville. Ca��est devenu un phA�nomA?ne banal. Presque 75 % des ordures dA�versA�s A� Mbeubeuss reviennent en ville. Les camionneurs sont devenus de potentiels A�boudioumanesA� (rA�cycleurs et rA�cupA�rateurs). Du coup, ils diminuent le chiffre da��affaires des A�boudioumanesA� traditionnels A�tablis A� la dA�charge et qui attendent arriver les camions. A�Il y a beaucoup de mafia au SA�nA�gal. Et tu ne peux pas en A?tre conscient si tu na��es pas A�veillA�. Tu peux habiter avec ton pA?re, alors qua��il ta��exploite et te roule dans la farine tous les jours.

La��exploitation a commencA� dA?s qua��ils ont parlA� da��Entente Cadak-car (CommunautA� des agglomA�rations de Dakar- CommunautA� des agglomA�rations de Rufisque). Mais la��entente ne devait pas se limiter simplement lA�, tout le monde est associA� sauf les rA�cupA�rateursA�, critique-t-il. A�Les concessionnaires ont pris leurs chauffeurs qui ne sont pas naturellement des rA�cupA�rateurs. Ils prennent des apprentis qua��ils forment eux-mA?mes A� la rA�cupA�ration. Au moment oA? le vA�hicule roule, debouts sur le marchepied, ils rA�cupA?rent tout ce qui est jetA� et la��attachent en haut et le vendent dA?s qua��ils arrivent ici. Ca��est connu de tous. Finalement, nous qui sommes lA� en train da��attendre, nous na��aurons plus rien A� ramasserA�, souligne-t-il. Selon lui, A� sa��il y avait une vA�ritable entente, les gens auraient acceptA� de mettre sur pied A�les A�co boutiquesA� oA? serait emmagasinA� tout ce qui est ramassA� pour que ceux qui ont des choses A� acheter sa��y rendent afin de valoriser les ordures. Ainsi, les prix seront homologuA�s, ce qui aurait permis aux uns et aux autres de se faire payer en fonction de ce qua��ils ont amenA� A�. Et da��ajouter : A�Ce na��est pas honnA?te que ces gens qui ont un salaire mensuel rA�cupA?rent ce que nous attendons ici, qua��ils mettent dans des sacs qua��ils descendent et qua��ils vendent A� Thiaroye. Tout le monde le voit. Il y en a mA?me qua��ils vendent prA?s de nous ici. Ce qui pose problA?me. Nous na��y pouvons rien, puisque ca��est chacun pour soi et Dieu pour tousA�, note-t-il.

STIGMATISATION

Les matA�riaux rA�cupA�rA�s A� Mbeubeuss font la��objet de tous les fantasmes. RA�cupA�rA�s de la dA�charge, ils sont rA�utilisA�s dans plusieurs secteurs de la vie A� Dakar. Les sacs de riz sont utilisA�s par les maraichers pour convoyer les choux, les carottes, les navets, les aubergines, le piment, bref, tout ce qui est rA�coltA� dans les Niayes, vers les marchA�s de la capitale. Les bouteilles en plastique sont utilisA�es par les vendeurs da��eau ou de jus. De ce point de vue, beaucoup de voix sa��A�lA?vent pour dire que ca��est un danger public. Ce que le prA�sident de la��association des A�boudioumanesA� a rejetA� avec la plus grande A�nergie. A�Il y a une nette diffA�rence entre la rA�alitA� et ce que disent les gens. Nous sommes des humains comme ceux qui tiennent ce discours. Nous na��avons que la vue, la��ouA?e, le goA�t et la��odorat. Nous avons ici un systA?me de triage qui permet de dA�terminer ce qui appartient A� la��usine et ce qui doit aller aux vendeurs de jusA�, dA�clare El Hadj Bankhass. A�Quand les vA�hicules arrivent nous reconnaissons facilement les objets qui proviennent des hA?tels. Si quelqua��un a besoin da��une chose spA�cifique, je peux facilement la��orienter car je sais qui dispose de tel ou tel type de matA�riaux. On dit beaucoup de choses contre nous au point de gA?cher notre marchA�. Il y en a mA?me qui sont allA�s jusqua��A� interpeller les khalifes gA�nA�raux pour dire que les sachets da��eau qui sont distribuA�s durant les magals et les gamous sont recyclA�s de MbeubeussA�, fait-il remarquer. A�Nous sommes tous ici sensibles A� Sos Consommateurs.

Et nous sommes organisA�s en secteurs, ca��est pour cette raison que nous avons cette association. Depuis que je suis lA� je na��ai jamais entendu dire que quelqua��un a des problA?mes gastriques A� cause de A�a A�.

LA VIE A MBEUBEUSS

La dA�charge regorge de tout. Il existe mA?me la prostitution et la vente illicite de drogue dans cet espace subdivisA� non pas en quartiers, mais en secteurs. A�Les gens du dehors ont toujours pensA� que Mbeubeuss est organisA� en quartiers. Da��ailleurs, certains sont mA?me allA�s jusqua��A� dire que les nouveau-nA�s qui sont ramassA�s dans la dA�charge sont jetA�s par les boudioumanes qui, aprA?s les avoir mis au monde, les jettent dans les ordures. On nous compare A� la limite aux ordures. Dans quelle RA�publique sommes-nous ? Nous ne sommes pas des sauvagesA�, gronde Aladji Bankhass, du fond de son bureau A� la��A�tage de la maison communautaire. A�Mbeubeuss est divisA� en trois ou quatre secteurs. Il y a le secteur du A�BaolA�, lieu de rencontre des Baol-Baol oA? quelques personnes passent mA?me la nuit. Les jeunes en provenance du Baol y sA�journent jusqua��au moment oA? ils seront capables de payer par eux-mA?mes la location da��une chambre. Il y a le secteur A�Gouy-GuiA� (le baobab) qui est notre emblA?me. Ca��A�tait la��arbre A� palabres. Ca��est le secteur de Pape Ndiaye, notre porte-parole, le secteur des town men. Ca��est lA� oA? notre association est nA�e. Ja��appartiens A� ce secteurA�, renseigne-t-il. En fait, selon lui, il y avait un baobab sur place sous lequel ils se rassemblaient pour discuter de tout aprA?s le boulot. Ca��est lA� oA? des blancs sont venus les trouver, des agents du PNUD qui ont fini par leur construire leur maison communautaire. A�Le dernier secteur est appelA� A�AbordsA� oA? sa��activent les gens qui tamisent le terreau pour y tirer du compost qua��ils revendent aux jardiniers. Il y a A�galement aux A� Abords A� ceux qui sa��adonnent A� la vente illicite de drogue, de A�soum-soumA� (vin artisanal). MA?me la prostitution existe aux A� Abords A�, mais je ne suis capable da��identifier qui fait quoi. Da��ailleurs, ils ne sont pas membres de notre associationA�, se dA�fend-il.

TRES CULTUREL MBEUBEUSS

Au-delA� de la��agressivitA� de son environnement, Mbeubeuss a toujours A�tA� une source da��inspiration pour les artistes SA�nA�galais et da��ailleurs. Mbeubeuss a inspirA� des vernissages, mais aussi des films. Le dernier en date est A�Mbeubeuss, terreau de la��espoirA� du cinA�asteA� Nicolas Sawalo CissA� qui suscite beaucoup de palabres du cA?tA� des rA�cupA�rateurs de la dA�charge qui estiment A?tre roulA�s dans la farine. A�Nicolas Sawalo CissA� est un truand et je veux que tout le monde le sache. Il nous a escroquA�. Il a jouA� un film ici intitulA� A�Mbeubeuss, terreau de la��espoirA�. Il na��a invitA� personne lors de la cA�rA�monie de dA�dicace du film, ni la mairie de Malika, ni les boudioumanes. Lors de son tournage, il a payA� 5000 FCFA la journA�e aux jeunes du secteur A� Abord A� A� la��entrA�e. Da��ailleurs, depuis lors nous sommes A�veillA�s au point que tout visiteur qui vient ici y rentre sur une base trA?s claire. Ca��est pour cette raison que ton photographe a failli A?tre victimeA�, explique Aladji Bankhass. A�Quand Nicolas Sawalo CissA� est venu ici, il nous avait dit qua��il voulait nous montrer au monde pour nous aider. Il avait louA� notre maison communautaire A� 200 000 FCFA ; ca��est lA� oA? il se faisait prA�parer les repas pour son A�quipe de tournage. Tout est ici dans la main courante. Je la��ai pris ici un dimanche avec ses camA�ras en train de filmer. Quand nous la��avions interpelA�, il avait dit qua��il voulait nous aider. Mais quand son film A�tait prA?t, ca��est un blanc qui ma��avait montrA� ici mA?me le carton da��invitation pour la cA�rA�monie de dA�dicace au Grand ThA�A?tre. Personne da��entre nous na��y A�tait parti. Il na��avait associA� aucun rA�cupA�rateurA�, signale le prA�sident des boudioumanes de Mbeubeuss. A�Il avait simplement pris les gens du secteur A� Abord A�. Nous na��y pouvons rien parce que Mbeubeuss ne nous appartient pas. Mais il a exploitA� nos jeunes sans nous avoir donnA�s un franc. Et pourtant, il a dA�clarA� A� la tA�lA� qua��il a investi des milliards dans ce film. Il aurait pu nous associer et signer un sous contrat avec nous dans la mesure oA? les acteurs du film sont nos hommesA�, se dA�sole-t-il. En plus, El Hadj Malick Diallo ne semble pas aimer le scA�nario dudit film mA?me sa��il reconnait que ca��est une science fiction. A�Il parait que ca��est une science fiction parce que ca��est un bA�bA� qua��on a ramassA� vivant A� Mbeubeuss, qua��on a A�levA� sous les tentes et qui a grandi pour devenir A� son tour rA�cupA�rateur. En rA�alitA�, nous na��avons jamais ramassA� un bA�bA� vivant A� Mbeubeuss, ca��est de la pure fiction mais il devait nous associer dans la rA�flexionA�, dit-il. Dans une autre mesure, il a rappelA� qua��il y a eu ici A� Mbeubeuss une exposition spA�ciale de la��artiste Ousmane Films. A�On avait habillA� une femme qui A�tait devenue subitement trA?s grande au point de nous dA�passer tous en hauteur. On lui avait cousue une jupe en jeans dA�corA�e avec des ordures, des tasses A� jeter, des sachets da��eau en plastique. Ca��est la seule personne dont je me rappelle avoir autorisA� A� exposer ici A� MbeubeussA�, rappelle Aladji Bankhass. Il sa��exprime sur la question du droit A� la��image et sa��insurge contre le fait de les filmer ou les photographier pour ensuite se servir de leurs images. A�Tout le reste ne fait que zoomer, comme dans cette image sur le guide qui devait faire fermer Mbeubeuss que tu peux voir partout oA? tu vas. Je reconnais certains rA�cupA�rateurs dans cette photo mais si tu le leur montres, ils te demanderont quand ils ont A�tA� ainsi photographiA�s. Donc, ils na��ont pas A�tA� au courant au moment qua��on les filmait. Et pourtant la��auteur de cette photo avait notre carte blanche. Il na��avait pas besoin de procA�der de la sorteA�, poursuit-il.

BEN OUMAR DEME, La��ARTISTE DES BOUDIOUMANES

Les rA�cupA�rateurs ont tout de mA?me leur propre artiste. Il sa��appelle Ben Oumar DA?me. Il est da��un talent incommensurable. Ses tableaux en relief sont faits de maniA?re A� ressembler A� la cA�ramique. AdossA� au mur derriA?re Aladji Bankhass, au coin de son bureau, se trouve un tableau sur lequel on voit une femme noire africaine qui porte un enfant sur le dos, on aperA�oit aussi un palmier et une case. Ca��est la fiertA� du prA�sident de la��association Bokk Diom des rA�cupA�rateurs et recycleurs de Mbeubeuss. A�Nous avons notre artiste. Il sa��appelle Ben Oumar DA?me. Ca��est lui qui a fait ce tableau avec le bas relief. Il la��a fait avec les tablettes da��A�ufs. Regardes derriA?re toi le tableau de la dA�charge de Mbeubeuss. Il est lA�, mais personne ne le connait. Quand Awa Ndiaye nous avait donnA�s les 10 millions, nous lui avions offerte un de ses tableaux en guise de reconnaissance. Nous prA�parons ici des tables en verre, des pavA�s A� partir de matA�riaux rA�cupA�rA�s. Joal est en train de vendre ses produits alors que nous sommes les prA�curseursA�, renseigne le boudioumane. A�Il est le seul A� travailler ce type de tableau appelA� bas relief. Tous les autres travaillent avec le plA?tre ou le sable. Il mouille les cartons des tablettes da��A�uf et en obtient une pA?te. AprA?s avoir fait son dessin, il y applique la pA?te, le finit, le peint et y applique du vernis. Ca��est un tableau trA?s rA�sistant qui ne se casse pas quand il tombe car ca��est fait A� base de cartonsA�, nous apprend toujours El Hadj Malick Diallo.

MBEUBEUSS ET LA REVANCHE DES DJINNS

En Afrique, la��univers des ordures a toujours A�tA� un monde A� part oA? des A?tres surnaturels rodent et organisent leur vie. Si leurs intA�rA?ts sont menacA�s par les humains, il y a toujours des manifestations qui ne jouent pas en faveur des hommes. Si la cohabitation est impossible, ce sont assez souvent des reprA�sailles contre les descendants da��Adam. Ils leur insufflent des maladies bizarres, des crises de folie, etc.

Pour se protA�ger ou sa��immuniser contre leur colA?re, il faut attacher des talismans ou faire des incantations ou des offrandes. A Mbeubeuss, mA?me sa��ils ne se sont pas ouvertement manifestA�s aux hommes en se montrant au grand jour, des circonstances exceptionnelles qui sa��y sont dA�roulA�es laissent prA�sager qua��ils sont bien sur place. Aladji Bankhass Diallo en fait ce tA�moignage : A�Je na��ai jamais entendu quelqua��un qui a vu un djinn ici, mais nous avons A�tabli un constat. Actuellement, dans la dA�charge il y a un lieu oA? nous sommes tous convaincus que ca��est lA� oA? rA�side le djinn de Mbeubeuss parce que ca��est un lieu oA? surviennent plusieurs dA�cA?s par accident et plusieurs cas de folie. Un jour, un vA�hicule y avait pris feu, le chauffeur et la��apprenti avaient tous pA�ri coincA�s A� la��intA�rieur du vA�hicule oA? ils sont morts calcinA�sA�. Et de poursuivre : A�Il y a da��autres choses qui ne surviennent que dans ce secteur. Ca��est pourquoi nous la��avons surnommA� le secteur le plus dangereux. Ca��est quand les choses sont dures A� Mbeubeuss qua��on ouvre ce secteur hostile. Nous la��avons ouvert juste ces jours-ci. Mais je ne crois pas qua��il sera fermA� sans que personne na��y perde la vie. Ca��est lA� que nous avons dA�signA� A?tre le secteur du djinn. Ceux qui deviennent fous A� Mbeubeuss le deviennent gA�nA�ralement dans ce secteurA�.

Selon lui, il y a des gens qui A�taient bien quand ils arrivaient A� Mbeubeuss, mais actuellement ils sont devenus fous. A�On ma��a signalA� ces jours-ci un gars qui sa��est rA�veillA� un petit matin, enfilant un court sabador, tenant un coupe-coupe et insultant A� tout-va sans nommer personne. Le lendemain, il enlA?ve le sabador et enfile un guimb comme les lutteurs, tout en continuant da��insulterA�, dit-il. Il A�tait sans doute dans son combat spirituel. Heureusement que ses parents sont venus le rA�cupA�rer. A�Et pourtant, au dA�but, il ma��avait mis au courant de son ambition de sa��A�tablir dans la dA�charge et de laisser la chambre qua��il louait. Je lui avais dit que tous ceux qui travaillent dans les ordures sont des fous qui ne guA�rissent qua��en retournant chez eux, A� la maison. Alors si tu y passes la nuit, tu deviens un fou irrA�cupA�rable. Mais il ne ma��avait pas A�coutA�. Il avait dA�jA� abandonnA� sa chambre pour sa��A�tablir dans la dA�charge oA? il avait commencA� A� passer la nuit. Quelques temps aprA?s, on ma��avait envoyA� un message pour me dire qua��il A�tait en train da��insulter en la��air, sans raison aucune. Ca��est ce que je lui avais dit. Mbeubeuss est ainsi faitA�, renseigne Aladji Bankhass qui estime que Mbeubeuss est en rA�alitA� un lieu pour les fous. A�Tu es devenu fou quand tu es entrA� ici, ca��est en sortant que tu vas recouvrer la raison. Auparavant, la��Etat envoyait ici tous les fous qui sont ramassA�s dans la rue si une autoritA� A�trangA?re devait venir dans notre pays. Ceux qui erraient A� Sandaga A� la��A�poque et qui mangeaient dans les poubelles trouvaient leur compte ici en arrivant A� Mbeubeuss qua��ils ne quittaient plus. Toutefois, cela ne veut pas dire que nous sommes des fous. Ca��est juste un slogan, un cri de guerreA�, prA�vient-il.

REACTION SUR LA FERMETURE DE MBEUBEUSS

Le projet de dA�localisation de la dA�charge publique de Mbeubeuss ne laisse pas les rA�cupA�rateurs indiffA�rents. Le prA�sident de la��association Bokk Diom des rA�cupA�rateurs et recycleurs de Mbeubeuss clarifie le dA�bat. Il a tenu A� signaler qua��ils na��ont pas A� sa��opposer au projet de fermeture de ladite dA�charge. A�Nous na��avons pas A� accepter ou A� refuser certes. Car nous sommes des citoyens comme tout le monde. Force restera A� la loi. Nous appartenons tous A� la��Etat qui dA�cide de notre sort. Nous aurions quand mA?me aimA� qua��on ne ferme pas la dA�charge, mais qua��on la valorise car nous avons des rA�fA�rences pour le faire. Nous disposons de tout la��historique de la gestion des dA�chets dans la rA�gion de Dakar. Nous avons consacrA� toutes nos vies A� cette dA�charge. Et on se rA�veille un bon jour comme A�a pour nous dire que la��Etat va fermer Mbeubeuss, sans nous associer dans les discussions et les nA�gociationsA�, explique le boudioumane. A�Des hommes et des femmes qui sont lA� A� gagner leur vie, et on dA�cide de les indemniser A� hauteur de 500 000 FCFA desquels ils doivent cA�der 160 000 FCFA pour aller travailler. Ce na��est pas suffisant et ce na��est pas normal. On nous a appris que la Banque Mondiale disposait de 10 milliards FCFA pour fermer la dA�charge. Sur cette somme, mA?me le milliard na��est pas reversA� aux travailleurs de Mbeubeuss, le mieux indemnisA� na��a mA?me pas 600 000 FCFA. Ce na��est pas normal. Pour sa fermeture, ils avaient promis de reprendre un nombre de 1500 travailleurs alors que nous sommes plus de 3000 boudioumanes A� MbeubeussA�, rA�vA?le-t-il. A�Ca��est le gouvernement de Wade qui avait fait cette proposition. Le prA�sent gouvernement na��a rien dit A� ce sujet depuis qua��il est en place. La��Etat na��a jamais su que Mbeubeuss aurait eu cette ampleur car ca��A�tait juste une vulgaire dA�charge. Si aujourda��hui ils sont conscients que ca��est une bombe A�cologique, ils peuvent la dA�localiser sa��ils veulent, mais qua��ils prennent soin de nous, qua��ils nous recasent ailleurs. On ne peut pas faire quitter comme A�a des gens qui sont nA�s ici, qui y ont grandi avec leurs parents, et qui y gagnent leur vie en tant que boudioumanesA�, gronde-t-il. A�Tout ce qui est retenu dans les diffA�rents protocoles est rangA� dans les tiroirs. Ca��est la��Apix et la Banque Mondiale qui travaillaient sur ce projet de fermentateur A� biogaz. Ils ont dA�couvert que Mbeubeuss regorge da��une grande quantitA� de biogaz et ont dA�cidA� de la fermer, de la recouvrir da��une bA?che et de la��enfouir jusqua��A� une certaine pA�riode pour venir aspirer le biogaz communA�ment appelA� biomasseA�, nous apprend-il.

IMMUNITE DES BOUDIOUMANES

Les rA�cupA�rateurs de Mbeubeuss ne sont presque jamais malades. Pour cause, ils sont immunisA�s. Aladji Bankhass qui nous la��apprend estime que ce sont les microbes qui les fuient. A�Nous sommes immunisA�s, nous ne tombons pas malades. Nous sommes tellement proches des microbes que les microbes nous fuient. Tu as vu la nature de Mbeubeuss ? Nous y mangeons, nous y prenons tous nos repas, nous y buvons notre thA� ; nous ne sommes mA?me pas convaincus que Mbeubeuss rend malade parce que nous ne tombons jamais maladesA�, nous dit Aladji Bankhass. A�Je te le jure, je ne connais aucun cas de tuberculose A� Mbeubeuss. Les gens ont mA?me contraint le mA�decin-chef du district sanitaire A� endosser qua��il y avait 365 ou 400 cas de tuberculose dans le district de Keur Massar dus A� Mbeubeuss. Ce qui est faux. Il na��y a pas longtemps, un vA�hicule A�tait venu ici faire gratuitement le dA�pistage de la tuberculose. Trois cas ont A�tA� dA�celA�s, mais je suis convaincu que ca��A�taient des passantsA�, se dA�fend le prA�sident de la��association des boudioumanes. Selon lui, sur les 3000 travailleurs que compte Mbeubeuss, il ne connait personne qui a la tuberculose. A�Ca��est une formule pour nous combattre. Je connaissais un seul cas de tuberculose dans une maison da��A� cA?tA�, et il na��est pas rA�cupA�rateur. Tout ce dont nous pouvons souffrir comme maladie ca��est la dermatose qui atteint ceux da��entre nous qui sont plus sensibles. La tuberculose se contamine par le crachat mais pas par la fumA�e et les odeursA�, soutient-il.

Cost purim BILAN DES PATHOLOGIES SANITAIRES

Selon Pascal Alfousseyni Diatta, infirmier chef de poste du dispensaire de Mbeubeuss, les pathologies qui sont plus frA�quentes dans la��agglomA�ration de la dA�charge sont le paludisme, les insuffisances respiratoires aigues (Ira), les diarrhA�es. A�Da��une part, nous pouvons dire que ces pathologies sont liA�es aux ordures, mais da��autre part on peut aussi dire le contraire. Les pathologies les plus frA�quentes comme les gastroentA�rites (la diarrhA�e) sont causA�es par la pollution de la nappe par les ordures. Il y a aussi les puits qui sont utilisA�s par la communautA�. Un patient ma��a rA�cemment avouA� qua��il na��y a pas de robinet chez eux et qua��ils sont obligA�s de boire la��eau des puits ou des pompes artisanalesA�, nous apprend la��infirmier. A�Nous avons aussi les dermatoses, les traumatismes et les plaies avec les gens qui travaillent A� la dA�charge. Nous recevons pas mal de personnes qui font des accidentsA�, poursuit-il tout en rA�vA�lant qua��il na��a jamais reA�u de patient souffrant du tA�tanos. Durant tout le mois de juillet 2015, toujours selon M. Diatta, le poste de santA� de Mbeubeuss a reA�u au total 145 patients (89 adultes et 56 enfants), dont 1 seul cas de paludisme, 20 cas da��insuffisance respiratoire aigue (IRA), 8 cas de gastroentA�rites, 14 cas da��infections cutanA�es et dermatoses, 20 cas de traumatismes et plaies, 11 cas da��infections ORL, 2 cas da��HTA et 69 cas da��autres maladies (grippe, lombalgie, asthA�nie physique, etc.).

COHABITATION AVEC LE DAARA DE MALICKA

La cohabitation de la dA�charge de Mbeubeuss avec le Daara de Malicka na��est pas heurtA�e, mais elle semble A?tre problA�matique. Mamadou Danfakha, enseignant au Daara trouvA� sur place, pointe un doigt accusateur sur la dA�charge.

A�Tout autour du daara, aprA?s Malicka, on retrouve dans chaque quartier des puits et des pompes. Et on est A� 100, 200 ou 300 mA?tres de la dA�charge. Il y a la nappe souterraine qua��on partage avec la dA�charge par consA�quent je ne pense pas que la��eau qua��on boit puisse A?tre potable. Ca��est pourquoi, A� chaque fois que nous puisons de la��eau nous y mettons du javel pour ne pas que les enfants aient la diarrhA�e. Nous avons des internes qui passent neuf mois ici au daaraA�, renseigne-t-il. A�Je ne suis pas sA�r si les habitants des quartiers environnants prennent les mA?mes prA�cautions ou non, mais je me souviens qua��au lycA�e un de nos professeurs nous disait que la plupart des dA�cA?s des habitants de Malicka est liA�e A� la��eau que la��on boit. Malheureusement, il na��y a jamais eu da��autopsie pour dA�terminer la mort da��un habitant du villageA�, assure-t-il. Selon lui, A�il y a des enfants du daara qui en pleine annA�e scolaire fuient les cours pour aller ramasser des ordures A� revendre pour avoir de la��argentA�. Il estime que A�ce na��est pas une bonne chose pour les enfants qui doivent privilA�gier leur apprentissageA�. A�La plupart des enfants quittent la��A�cole pour se rendre A� Mbeubeuss oA? ils sont quelquefois mA?me victimes da��accidentsA�.
VoilA� en dA�finitive, la��univers dans lequel sont plongA�s tous ceux qui de prA?s ou de loin ont un rapport particulier avec la dA�charge de Mbeubeuss qui dans une certaine mesure est un moyen de subsistance atypique pour plusieurs familles. Les habitants du quartier Ndiago de Malicka y retrouvent les mets pour nourrir leurs porcs, da��autres sa��y rendent tous les jours A� la recherche de bois morts qua��ils revendent pour nourrir leur famille.

SITUER MBEUBEUSS

A�La dA�charge publique de Mbeubeuss est situA�e A� environ 30 kilomA?tres au Nord-Ouest de la ville de Dakar, entre les latitudes 14A�17a�� et 14A�50 Nord et les longitudes 17A�16a�� et 20a�� Ouest, sur une partie de la dA�pression du lac Mbeubeuss assA�chA� et parallA?le au littoral atlantique. Le lac Mbeubeuss est sA�parA� de la plage par un cordon dunaire de direction Sud Ouest-Nord Est. La dA�charge publique de Mbeubeuss est entourA�e par les villages de Malika A� la��Ouest, Keur Massar au Sud, Niakoul Rab au Sud-Est et Tivaouane Peulh A� la��Est. La superficie du lac Mbeubeuss est da��environ 600 hectares et la dA�charge publique occupe actuellement moins de 25 % de la��espace totalA�, nous apprend Olivier Florent Essouli, dans sa thA?se de Doctorat de 3e cycle en date de 2001 A� la��UniversitA� Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
Le dA�cor est campA�. A�Etymologiquement, Mbeubeuss tient son nom du lac Mbeubeuss, un lac salA� comme le lac Rose. Etant jeune, je me rappelle y avoir accompagnA� ma mA?re qui venait chercher du sel avec une charrette da��A?neA�, nous dit El Hadj Malick Diallo, dit Aladji Bankhass, prA�sident de la��association A�Bokk DiomA� des RA�cupA�rateurs et Recycleurs de Mbeubeuss, qui a grandi A� Keur Massar oA? il est nA�.

CARTE Da��IDENTITE DE MBEUBEUSS

A la��origine, la dA�charge publique de Mbeubeuss na��A�tait destinA�e qua��A� recevoir les refus issus de la��usine de compostage de Mbao qui a fonctionnA� de 1968 A� 1970. En 1970, la��usine de Mbao a A�tA� vendue car son coA�t de fonctionnement A�tait A�levA� et le Compost Produit ne trouvait pas apparemment de dA�bouchA�s. Ca��est avec la fermeture de la dA�charge publique de Hann en 1970, que le site a A�tA� finalement transformA� en dA�charge publique et reA�oit depuis cette date la quasi-totalitA� des dA�chets urbains collectA�s dans la��agglomA�ration dakaroise. Cependant, aucune A�tude prA�alable da��implantation destinA�e A� apprA�cier la��aptitude du site A� la��exploitation na��a A�tA� effectuA�e. En 1985, la gestion de la dA�charge a A�tA� confiA�e A� la SociA�tA� Industrielle da��AmA�nagement Urbain du SA�nA�gal. Elle occupe une superficie de 60 hectares et A�volue en hauteur, la��A�paisseur des dA�pA?ts variant de 3 A� 8 m. En 1991, le volume des dA�chets A�tait estimA� A� 3,5 millions de mA?tres cubes (Seck, 1997). La dA�charge reA�oit environ 3000 m3 par jour de dA�chets solides rA�partis de la maniA?re suivante : – 93% de dA�chets mA�nagers et assimilA�s ; – 06% de dA�chets industriels ; – 01% de dA�chets biomA�dicaux. A cela, il convient da��ajouter les dA�chets domestiques dont la quantitA� varie entre 70 et 50 m3 par jour et les dA�chets da��origine clandestine, le site na��A�tant pas clA?turA�, donc facilement accessible. (REF, ThA?se de Doctorat da��Etat de Olivier Florent Essouli, en 2001 A� la��UCAD, sur A�la��Impact de la dA�charge publique de Mbeubeuss sur la ressource en eau de la nappe des sables quaternaires de Thiaroye (Dakar-SA�nA�gal)A�).

DAKAR ET SES ORDURES, La��ETERNEL RECOMMENCEMENT

La ville de Dakar, A� la��image des plus grandes villes da��Afrique et du monde, a toujours des problA?mes pour solutionner la gestion de ses ordures. Depuis plusieurs dA�cennies, la��Etat a par maintes tentatives essayA�, en associant le privA�, en vain, de venir A� bout des ordures de la capitale sA�nA�galaise.

La��histoire de Mbeubeuss remonte au dA�but des annA�es 70. Auparavant, de 1960 A� 1971, la gestion des ordures A�tait assurA�e par les rA�gies communales. A cette A�poque, la collecte se faisait par des charrettes, et ils na��existaient que deux dA�charges, la��une A�tait A� Hann et la��autre A� la Corniche-Ouest, prA?s de la MA�dina. En 1967, une premiA?re usine de compostage A�tait crA�A�e A� Mbao par la��Etat avec une capacitA� de traitement de 6000 tonnes da��ordures. Elle cessa de fonctionner au dA�but des annA�es 70 pour dA�faut de rentabilitA�. De 1971 A� 1984, il y avait la SociA�tA� africaine de diffusion et de promotion (SOADIP), sociA�tA� privA�e crA�A�e en 1971 sur fond de crise.

La SOADIP avait signA� un contrat avec les collectivitA�s locales de Dakar, Pikine et Rufisque pour le nettoiement, la collecte et la��A�limination de leurs dA�chets. Elle disposait da��A�quipements modernes comme les bennes A� ordures, les portes conteneurs, les postes de transfert, les chariots A� nettoiement. Elle assurait A�galement la��exploitation et le transport des ordures vers la��usine de compostage de Mbao. Suite A� des difficultA�s de prestation dans les annA�es 80, la SOADIP avait fait faillite en 1984. La gestion des ordures A�tait alors remise A� la CommunautA� urbaine de Dakar (CUD) qui a assurA� le service jusqua��en 1985 avec la��appui du GA�nie militaire. De 1985 A� 1995, la SIAS crA�A�e sur proposition da��un groupe interministA�riel assurait la collecte jusqua��A� sa dissolution suite A� de nombreuses difficultA�s.

Da��octobre 1995 A� juillet 2000, un nouveau systA?me de nettoiement dA�nommA� CUD-AGETIP est crA�A�. Des GIE de quartiers ont A�tA� crA�A�s A� cet effet pour accompagner ce nouveau challenge. Mais compte tenu de la��insuffisance du budget annuel de gestion fixA� A� 2 milliards, il y a eu encore un arrA?t. En 2001, la��APRODAC rentre dans la course A� la suite de sa crA�ation en mai 2000 par Me Abdoulaye Wade. Suite A� une signature de contrat avec une sociA�tA� suisse ALISON, la��APRODAC avait connu des difficultA�s.

En 2002, il y a eu le tandem ALISON- AMA SA�nA�gal. Un centre da��enfouissement technique (CET) A�tait crA�A�. Ce que la communautA� de Sindia a refusA�. La collecte devait A?tre assurA�e en sous-traitance par des concessionnaires privA�s sA�nA�galais. Mais suite A� plusieurs dA�faillances de collecte, avec un retard constatA�, le contrat a A�tA� rA�siliA� par la��Etat du SA�nA�gal. De juillet 2006 A� maintenant, la transition en cours est assurA�e par la��entente CADAK-CAR qui sa��investit pour la troisiA?me fois dans le domaine. Cette pA�riode a aussi connu la��intervention de 2007 A� 2012 de la��entreprise franA�aise VEOLIA. Il y a eu aussi la��accord de partenariat public privA� (PPP) de la��entente CADAK-CAR avec le GTA, un groupement da��entreprises italiennes.

AA?TA SARR SECK, BIOLOGISTEA� ENVIRONNEMENTALISTE (DEEC) : A�La��implication de plusieurs ministA?res dans la gestion des dA�chets est un handicapA�

Avec un ratio de 1800 A� 2000 tonnes de dA�chets gA�nA�rA�s par jour dans la capitale sA�nA�galaise, la��Etat, malgrA� ses nombreuses tentatives pour rA�soudre les problA?mes de la gestion des ordures mA�nagA?res, est toujours confrontA� A� des difficultA�s. Dans cet entretien qua��elle a bien voulu nous accorder, Mme AA?ta Sarr Seck, biologiste environnementaliste A� la Direction de la��Environnement et des A�tablissements classA�s, a estimA� que la��implication de plusieurs ministA?res dans la gestion des ordures est un vA�ritable problA?me parmi da��autres. Elle a, par ailleurs, signalA� que la mauvaise gestion des ordures constitue une menace favorisant les rA�chauffements climatiques.

buy Flomax Combien de tonnes da��ordures la rA�gion de Dakar gA�nA?re-t-elle par jour ?

La rA�gion de Dakar gA�nA?re environ 1800 A� 2000 tonnes par jour.

Du prA�sident Diouf A� Macky, en passant par Wade, les diffA�rents gouvernements ont investi plusieurs milliards dans la gestion des ordures. Pourquoi les problA?mes demeurent de nos jours ?

Les problA?mes demeurent de nos jours pour plusieurs raisons. Je peux citer par exemple la��incapacitA� des municipalitA�s A� gA�rer les dA�chets. En effet, les municipalitA�s ont des problA?mes techniques de mA�connaissance des types et natures des dA�chets. On peut A�galement citer la non-implication des CollectivitA�s locales, mais aussi la��implication de plusieurs ministA?res dans la gestion des dA�chets. Ce qui constitue un handicap. Nous pouvons aussi relever la faiblesse des instruments juridiques existants comme les textes rA�gissant la gestion des dA�chets qui sont A� A�laborer, A� harmoniser ou A� rA�viser. En dernier ressort, je peux dire que les technologies de collecte ou de traitement des dA�chets sont inadaptA�es, etc.

OA? en est la��Etat avec le projet de dA�localisation de la dA�charge de Mbeubeuss ?

Le projet de dA�localisation de la dA�charge de Mbeubeuss est toujours da��actualitA�.

Est-ce que la dA�localisation de Mbeubeuss est une solution ou juste un palliatif ?

Ca��est une solution car comme vous le savez cette dA�charge prA�sente un certain nombre de risques sanitaires et environnementaux non seulement pour les populations environnantes, mais aussi A� la��A�chelle nationale et internationale. Tous les dA�chets de Dakar sont acheminA�s sur cette dA�charge qualifiA�e de sauvage. Cette dA�charge en permanence en feu fait la��objet dans certains cas da��un brA�lage A� la��air des dA�chets avec comme rA�sultat les A�missions de fumA�es toxiques.

Avec la pollution de la nappe phrA�atique par les ordures, est-ce que le ministA?re de la��environnement a pris des mesures pour protA�ger les populations vivant autour de Mbeubeuss ?

La��eau de la nappe phrA�atique de Mbeubeuss polluA�e na��est pas utilisA�e pour la boisson, mais pour la��arrosage des cultures ou pour da��autres besoins.

Est-ce que les ordures constituent une menace ?

La mauvaise gestion des ordures constitue une menace, car non seulement elles contribuent aux rA�chauffements climatiques avec des A�missions de mA�thane et de CO2 qui sont considA�rA�s comme des gaz A� effet de serre, mais aussi A� la��A�mission de polluants organiques persistants comme les dioxines et les furannes qui impactent nA�gativement la santA� humaine. acquire Bentyl


Étiquettes : , , , , ,



Vision Verte




Article précédent

Les populations de TOUBA "sensibilsA�es" a la gestion des ordures

Article suivant

Au SA�nA�gal, la croissance est dans les champs





Vous aimerez aussi



0 commentaire


Laisser un commentaire


Plus d'articles

Les populations de TOUBA "sensibilsA�es" a la gestion des ordures

Une rA�union de "sensibilisation" sur la gestion des ordures sa��est dA�roulA�e jeudi A� Touba (centre), en vue da��une...

16 October 2015