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Gaye Abou Ahmed Seck : « La conscience environnementale nous fait dA�faut »

Accueil / alarme / changements climatiques / energie / erosion / 9 décembre 2015

Gaye Abou Ahmed Seck est maire de la ville de Bargny, situA�e A� 30 kilomA?tres de Dakar. SpA�cialiste en amA�nagement du territoire et prA�occupA� par les enjeux environnementaux, il souhaite que l’Afrique joue A� l’avenir pleinement son rA?le en matiA?re de dA�veloppement durable.

Ca��est une ville sinistrA�e sur le plan environnemental. DA�jA� soumise aux effluves polluantes da��une cimenterie implantA�e A� sa porte, la ville de Bargny, A� une trentaine de kilomA?tres de Dakar, est par ailleurs menacA�e par la montA�e des eaux. Ca��est A�galement sur le territoire de cette commune de 60.000 habitants que doit A?tre A�rigA�e la centrale A� charbon de Sendou, censA�e assurer la moitiA� des besoins du SA�nA�gal en A�lectricitA�.

SpA�cialiste en amA�nagement du territoire, Gaye Abou Ahmed Seck, maire de la ville depuis 2014, est entrA� en politique rA�cemment. Membre de la��APR, le parti au pouvoir, il affiche une forte sensibilitA� environnementale, sans craindre de critiquer certains choix gouvernementaux en matiA?re A�nergA�tique. Il plaide pour que la��Afrique joue un rA?le moteur dans la A�A�rA�volution durableA�A�, considA�rant qua��elle dispose, avec son taux da��ensoleillement, da��une matiA?re premiA?re stratA�gique.

A� quels types de nuisances sont confrontA�es les populations de Bargny ?

Gaye Abou Ahmed Seck : La premiA?re est liA�e A� la��activitA� de la Sococim, une cimenterie appartenant au groupe franA�ais Vicat, installA�e A� Bargny depuis 1948. Cette usine a un impact trA?s nA�gatif sur le paysage, mais surtout elle gA�nA?re depuis prA?s de 70 ans des rejets de poussiA?re et de gaz A� effet de serre qui favorisent certaines maladies chez les habitants des quartiers environnants et accentuent le rA�chauffement climatique. Sans parler de la pollution sonore liA�e au passage des camions et aux explosifs utilisA�s pour extraire le calcaire.

Quand ja��A�tais jeune, la plage de Bargny sa��A�tendait sur une centaine de mA?tres. Vingt-cinq ans plus tard, elle a A�tA� quasiment recouverte, et les vagues arrivent jusqua��aux maisons.

Bargny est aussi confrontA�e A� la��A�rosion maritimea��

La��avancA�e de la mer y est spectaculaire. Quand ja��A�tais jeune, la plage de Bargny sa��A�tendait sur une centaine de mA?tres. Vingt-cinq ans plus tard, elle a A�tA� quasiment recouverte, et les vagues arrivent jusqua��aux maisons. On estime que la��ocA�an a avancA� de deux A� trois mA?tres chaque annA�e. Ce phA�nomA?ne est liA� au rA�chauffement climatique, qui entraA�ne la fonte des glaciers, mais il est renforcA� par des activitA�s locales comme la��extraction du sable marin. Nous essayons da��endiguer ce processus avec un dispositif de surveillance et la mise en place de dA�pA?ts lA�gaux de sable oA? les gens viennent sa��approvisionner.

Plus rA�cemment, le site de Bargny a A�tA� choisi pour mettre en place deux centrales A� charbon, ce qui a provoquA� la colA?re de vos administrA�sa��

Ces deux unitA�s, censA�es assurer la moitiA� de la demande A�nergA�tique du pays, sont doublement problA�matiques. Da��abord, pour les populations de Bargny puisque la combustion du charbon dans les centrales thermiques est une source de polluants atmosphA�riques dont le radon, un gaz naturel radioactif transportA� par les fumA�es A�mises. Par ailleurs, les rejets da��eau chaude dans la��ocA�an auront un impact prA�judiciable sur les rA�serves halieutiques.

La��autre problA?me, ca��est qua��au moment oA? le projet de la centrale de Sendou a A�tA� initiA�, en 2008, sous Abdoulaye Wade, celle-ci devait sa��intA�grer dans une zone industrielle. Mais aprA?s son A�lection, Macky Sall a totalement repensA� ce projet en dA�cidant da��A�riger A� Diamniadio a�� en partie sur le territoire de Bargny a�� un vA�ritable pA?le urbain largement dA�diA� aux activitA�s tertiaires, qui accueillera une dizaine de ministA?res, des hA?tels, ainsi que de nombreux logements.

Or les deux centrales sont situA�es A� 3 km de ce projet-phare du prA�sident de la RA�publique. Il serait dommageable de crA�er une source de pollution aussi nA�faste A� proximitA� immA�diate du pA?le urbain, qui reprA�sente une expA�rience inA�dite en Afrique de crA�ation da��une ville nouvelle. Da��autant qua��il existe de nombreux sites vierges au SA�nA�gal ou une telle centrale aurait pu A?tre implantA�e sans prA�judice pour les populations.

Les choses peuvent-elles encore sa��inverser ?

Il y a un an et demi, la��opposition de la population sa��A�tait traduite par une grande marche qui avait conduit le gouvernement A� dA�pA?cher sur le site, de maniA?re permanente, un groupement mobile da��intervention. Depuis, la mobilisation na��a pas cessA�. Ja��ai moi-mA?me des rA�unions rA�guliA?res avec les reprA�sentants de la��A�tat et les promoteurs de la centrale pour faire en sorte qua��au moins, la rA�glementation soit respectA�e. Actuellement, il y a des habitations et des infrastructures telles qua��un centre de santA� et une A�cole A� moins de 500 mA?tres de la centrale, ce qui est contraire A� la rA�glementation en vigueur.

La tension A� Bargny est da��autant plus vive que le site de 29 hectares attribuA� A� la centrale avait prA�cA�demment A�tA� A�A�lotissA�A�A� au bA�nA�fice des populations victimes de la��avancA�e de la mer, qui devaient y A?tre relogA�es. Le prA�fet est mobilisA� pour trouver un nouveau site de recasement, mais rien na��est pour la��instant sur la table. On nous dit que la��A�tat da��avancement du chantier serait autour de 30%. Depuis 5 mois les travaux sont A� la��arrA?t car un actionnaire sa��est avA�rA� dA�faillant. Les prA�visions ne cessent de fluctuer mais le chantier pourrait A?tre achevA� fin 2016.
Clairement, le SA�nA�gal pA?tit da��un dA�ficit A�nergA�tique qui freine son dA�veloppement.
Flomax without prescription Que vous inspire le choix A�nergA�tique des autoritA�s, privilA�giant les centrales A� charbon?

Clairement, le SA�nA�gal pA?tit da��un dA�ficit A�nergA�tique qui freine son dA�veloppement. Mais on a dA�couvert rA�cemment des rA�serves de gaz et de pA�trole le long des cA?tes sA�nA�galaises. Selon le ministre de la��A�nergie, la��exploitation pourrait dA�buter da��ici deux ans. Par ailleurs un accord a A�tA� signA� avec la Mauritanie pour qua��elle assure une partie de nos besoins en A�lectricitA�. On aurait donc pu privilA�gier un mix entre ces sources da��A�nergie et la promotion da��A�nergies renouvelables, en particulier le solaire.

Le SA�nA�gal jouit da��une image trA?s positive en matiA?re de dA�mocratie et de fonctionnement des institutions. Il aurait gagnA� A� consolider ce positionnement en sa��engageant rA�solument dans une dynamique privilA�giant les A�nergies renouvelables. Le choix stratA�gique qui a A�tA� effectuA� ne me semble pas adaptA�. Au cours des prochaines annA�es, seules les villes ou les pays affichant une image A�A�propreA�A� en matiA?re environnementale pourront tirer leur A�pingle du jeu.

La��Afrique de la��Ouest avait les moyens de jouer un rA?le pilote en matiA?re de dA�veloppement durable. Au lieu de A�a, elle accuse du retard.

Le SA�nA�gal compte une multitude de partis politiques. Mais A� la��exception notable de la��A�cologiste Haidar El Ali, les prA�occupations environnementale y semblent nA�gligA�esa�� Generic name for lasix

Effectivement, la conscience environnementale nous fait dA�faut. TrA?s peu da��A�tudes da��impact sont rA�alisA�es sur les rA�percussions du rA�chauffement climatique, et le dA�bat autour de ces enjeux est quasiment inexistant dans les mA�dias. On A�voque ces questions ponctuellement, puis on passe A� autre chose. Or nous devrions tirer les leA�ons des excA?s des pays dA�veloppA�s pour amorcer une dynamique de dA�veloppement durable.

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