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La��agro-A�cologie au SA�nA�gal, un enjeu majeur

Accueil / agriculture-peche-foret / economie verte / 7 septembre 2016

La demande et la production en matiA?re de produits A�A�bioA�A� sont croissantes au SA�nA�gal. Auto-A�cologie prA?ne la pratique de mA�thodes naturelles en rA�ponse aux problA?mes sanitaires et environnementaux graves posA�s par la��agriculture intensive. Ceci sa��inscrit dans une A�mergence durable et viable A� long terme.

Cependant la��agriculture biologique subit encore de nombreuses contraintes A� son A�mancipationA�: elle manque de visibilitA� (absence de statistiques propres et de communication A� tous les niveaux), na��est pas couverte par la loi au SA�nA�gal et demeure marginale.

Une A�mergence A�parse et la��esquisse da��une collaboration entre les acteurs sont toutefois sur le point de voir le jour. Pour eux, le chantier est colossal et la��enjeu, majeur.

En agro-A�cologie, les produits chimiques ou gA�nA�tiquement modifiA�s sont formellement rejetA�s, au profit des mA�thodes comme la permaculture, qui, renouant avec une culture qui varie les espA?ces, A�vite la��appauvrissent des sols provoquA�e par la monoculture, et, alliA� au compostage (engrais naturel), participe A� la��enrichissement du sol. Pour lutter contre les insectes qui attaquent les cultures, on permet A� des espA?ces prA�datrices des insectes nA�fastes de croA�tre, comme les coccinelles contre les pucerons, grA?ce A� certains choix de plantes qui les attirent.

 

 

 

 

 

Les mA�faits des produits chimiques

Il est maintenant reconnu que les pesticides et engrais chimiques sont responsables de formes de cancer, perturbations neurologiques, malformations congA�nitales, entre autre, tant pour le producteur que pour le consommateur. Or, A� ce jour, la��agriculture industrielle sA�nA�galaise emploie en moyenne, annuellement, selon des estimations du ministA?re de la Direction de la��horticulture, 598 tonnes de pesticides solides et 1 336 560 litres de pesticides liquides, sans compter les tonnes da��engrais chimiques et les graines A� semence unique gA�nA�tiquement modifiA�es (OGM) en cours sur le marchA�… On est en droit de sa��inquiA�ter.

La��utilisation da��engrais chimiques A�puise la terre et appauvrit les paysans au fil des annA�es. Pour maintenir un rendement correct, les agriculteurs se voient contraints da��augmenter les doses et en deviennent dA�pendants. Le cas du Bassin arachidier, oA? les paysans sont habituA�s aux intrants chimiques (engrais), et oA?, par consA�quent, les sols sont appauvris, est A�loquent prA�cisA�ment sur les consA�quences de ces pratiques. Le sac da��engrais chimique est trA?s cher pour les paysans (50 kg pour 11 000 F CFA (environ 19 $ EU), qui sa��endettent et parviennent difficilement A� rembourser leurs frais aprA?s commercialisation, comme notamment dans la filiA?re cotonniA?re de la rA�gion de Tambacounda, SA�nA�gal Oriental.

A cela sa��ajoute le fait que la��utilisation de produits chimiques impacte la qualitA� de la��eau. Dans la rA�gion du Fleuve SA�nA�gal, la��agriculture dite conventionnelle du riz, de la canne A� sucre et de la tomate, avec la��emploi massif da��engrais chimiques, renvoie par effet de ruissellement les nitrates dans le fleuve depuis longtemps. Cela met en question la potabilitA� de la��eau pour les habitants de la rA�gion ainsi que la��A�levage. GA�nA�ralement, la��agro-A�cologie est exercA�e sur des superficies qui ne dA�passent pas un hectare, des parcelles qui appartiennent le plus souvent A� des groupements de femmes. Si le champs voisin est envahit de pesticides et da��engrais chimiques, par A�coulement de la��eau, les cultures que la��ont croit A�A�bioA�A� sont aussi contaminA�es.

bio

 

 

 

 

Comme les engrais chimiques, les semences de type OGM (organisme gA�nA�tiquement modifiA�), non reproductibles, ca��est-A�-dire qui ne produisent qua��une fois avant de devenir stA�riles, entraA�nent les agriculteurs dans un cercle de dA�pendance redoutable. Elles sont pourtant entrA�es dans les pratiques culturales des paysans non seulement au SA�nA�gal mais aussi plus gA�nA�ralement en Afrique de la��Ouest, distribuA�es par des multinationales porteuse de ce type da��agriculture (exA�: Monsanto), alors que la��impact sanitaire des OGM pose question, et que certains pays comme la��Islande les ont interdites.

Peu de statistiques nationales

Aucune statistique nationale ne fait A�tat de la��A�tendue de cette pratique. Da��aprA?s un employA�, qui prA�fA?re rester anonyme, du Recensement des GA�nA�ral des Entreprises Agricoles RGE avec la��Agence Nationale de la Statistique et de la DA�mographie ANSD, A�A�La question des intrants agricoles revient souvent, mais pas sous le volet des semences. Les semences horticoles sont le plus souvent importA�es, ce qui pose la question de la traA�abilitA�. Il serait intA�ressant dans le cadre de ce travail da��intA�grer cette variable. Ce na��est malheureusement pas la��objectif du recensement. Des investigations sur ce sujet pourraient aider A� y voir plus claira�� A�.

Retour vers des semences naturelles

Le secteur de la��agro-A�cologique, qui sa��organise pour contrer ce raz-de-marA�e mondial de semences OGM, a heureusement des antennes au SA�nA�gal. Pour se procurer des graines 100A�% naturelles, on peut faire appel A� la��association Kokopelli, intervenue dans les fermes de Kaydara et Samba Dia qui peuvent aujourda��hui faire des dons de semences naturelles A� da��autres producteurs sA�nA�galais. Le Mouvement des Femmes SemenciA?res, bien dA�veloppA� au SA�nA�gal, travaille aussi A� faire revenir les semences anciennes prA�servA�es par les femmes. Ce mouvement a pour objectif de promouvoir la reproduction, la conservation, le don et la��A�change de semences vivantes reproductibles A� travers le monde. Cet organisme, nA� A� la demande de Pierre Rabhi, qui souhaite favoriser la biodiversitA�, informe et facilite les transferts de compA�tences, les rencontres, les A�changes de semences et de plantes, la crA�ation de potagers et de pA�piniA?res bio.

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La conversion A� la��agriculture biologique est donc favorisA�e par le manque de moyens des agriculteurs pour suivre la course infernale A� la consommation que leur impose les importateurs da��intrants chimiques et de graines OGM, ainsi que par la prise de conscience des producteurs et consommateurs de la��impact qualitatif sur les produits.

Pour certains, ca��est une question simplement de retour aux sources, de coutumes ancestrales prA�servA�es. Dans la rA�gion du Ferlo, zone par excellence de la��A�levage extensif, peu de produits non admis en A�levage biologique sont utilisA�s. La��agriculture biologique a A�tA� facilement adoptA�e en Casamance (Kolda et Ziguinchor), par les paysans qui gA�nA�ralement refusent da��utiliser les pesticides et engrais chimiques, non seulement par manque de moyens pour acheter des engrais, mais aussi car pour une majoritA� da��entre eux, les engrais chimiques A�A�chassent les gA�nies de la��eauA�A�a��

Les agriculteurs du Fleuve SA�nA�gal comme ceux de la rA�gion des Niayes constatent unanimement la dA�gradation des terres et la perturbation gA�nA�rale de la��A�cosystA?me depuis la��utilisation da��engrais chimiques. Les agriculteurs des Niayes ont compris les premiers la��intA�rA?t da��une conversion en agriculture biologique. Souhaitons que ce statut de premier foyer de production maraA�chA?re au SA�nA�gal, prA�curseur dans la conversion au bio, fasse office de modA?le pour da��autres zones de production agricole da��envergure.
Les techniques agricoles ancestrales et traditionnelles ont tendance A� A?tre oubliA�es. La formation dans le domaine de la��agro-A�cologie est cruciale.

Depuis les annA�es 80, des maraA�chers ont A�tA� formA�s par diverses ONG agissant dans ce secteur comme Enda Pronat qui milite pour une agriculture bio au SA�nA�gal depuis bientA?t 30 ans, Agrecol Afrique, PAN Afrique, ASPAB, Rodale International, les Brigades Vertes, SOL. Des fermes biologiques dans les rA�gions de Tamba, de Kolda, de Ziguinchor, de ThiA?s et de Saint-Louis, propagent des pratiques efficaces. Des centres de formation en agriculture biologique existent comme la ferme de NdiA�mane.

Une dA�marche qui sa��est avA�rA�e payante, puisqua��une comparaison avec la culture du haricot vert dans la rA�gion des Niayes a montrA� que la��on pouvait accroA�tre le nombre de cultures de 2 A� 5 sur une mA?me campagne de production, et que, pour ce qui est du programme de coton biologique, les prix offerts pour la��exportation du coton biologique sont supA�rieurs. Les rA�sultats nets da��exploitations sont plus intA�ressants en agriculture biologique.

Pas de cadre rA�glementaire au SA�nA�gal

La��agriculture biologique dite AB ou A�A�bioA�A� est soumise A� une sA�rie de rA?gles A� toutes les A�tapes de la chaA�ne de crA�ation de valeurs des produits agricoles, depuis la production jusqua��A� la distribution en passant par la transformation et le conditionnement. Plus strictes pour la��export, ces A�tapes sont encadrA�es par des rA?glements et des conformitA�s A� respecter pour les acteurs.

MA?me sa��il na��y a pas de label sA�nA�galais oA? ouest-africain du bio, la��appellation AB na��est permise qua��aprA?s la certification par des organismes certificateurs (OC) privA�s (Ecocert, Max Havelaar, a��) occidentaux. ECOCERT (France), organisme international de certification, a A�tablit une antenne africaine A�A�Ecocert AfriqueA�A�(au Burkina Faso) pour la dA�livrance du label bio aux acteurs du bio qui ont suivi la procA�dure de certification sur le continent. A savoir que dans le cadre de la commercialisation internationale, certaines sociA�tA�s qui font la��exportation bio, prennent en charge ces frais, fournissent des intrants censA�s A?tre naturels et da��autres encadrent les producteurs. Mais le manque de coordination entre les organismes da��appui rend difficile la traA�abilitA� du produit. Ceux qui utilisent la��appellation AB sans dA�tenir le certificat sont coupables da�� A�A�usage de fauxA�A�. Les commerA�ants et distributeurs ont aussi la responsabilitA� de vA�rifier cela auprA?s de leurs fournisseurs.

Actuellement, au SA�nA�gal, la��absence de contrA?les en matiA?re de production agricole, ni da��un cadre rA�glementaire de la��agro-A�cologie au niveau national, freine son dA�veloppement. La notion de A�A�bioA�A� est floue pour le consommateur, qui na��a de garantie que la confiance qua��il a dans le producteur, et son instinct. Une tomate biologique na��aura pas les mA?mes saveurs, ni odeurs, qua��une tomate nourrie A� la��engrais chimique et arrosA�e de pesticides. Un label national du bio permettrait de sensibiliser les consommateurs. Les OC (organismes certificateurs) doivent A?tre A�A�encadrA�sA�A� par des lois oA? dA�crets rA�glementaires (si loi existe). Dans le cas contraire, ils se rA�fA?rent aux labels existants et demandent aux acteurs pour quelle label ils souhaitent la certification (NOP) pour le marchA� amA�ricains et CE pour le marchA� europA�en, tout en informant les acteurs et en rassurant le consommateur sur la vA�racitA� de cette appellation contrA?lA�e.

Certaines initiatives ont eut lieu en ce sens, comme, en 2000, le processus de rA�glementation de la��agriculture biologique enclenchA� par les organisations ASPAB3, ENDA PRONAT4, AGRINAT5, AGRECOL Afrique6, RODALE et leurs partenaires, pour mettre en place une structure da��accrA�ditation, de certification et de commercialisation des produits bio. A cette occasion, une commission unissant des acteurs des secteurs privA�s et publics, le Conseil SA�nA�galais de la��Agriculture Biologique (COSAB) a A�tA� constituA�e. Une confA�rence nationale incluant des participants internationaux A� eu lieu 23 au 25 Mars 2000 A� Mbour. Le COSAB devait conduire A� la��A�laboration da��un cahier des charges de la��agriculture biologique conforme A� la rA�glementation de la��IFOAM7 et enclencher un processus de formation da��inspecteurs pour la certification. Depuis, cet organisme sa��est fait trA?s discret, le projet est tombA� dans les oubliettes des mA�andres administratifs, et rien ne semble avoir A�voluA�.

Un secteur qui doit sa��organiser

Visiblement, le secteur de la��agro-A�cologie sA�nA�galais peine A� sa��organiser, A� se coordonner, alors que, pour le SA�nA�gal que la��on veut A�mergent, il pourrait A?tre un pas dA�cisif, si ce na��est vers la��autosuffisance, du moins vers la libA�ration de la dA�pendance envers les intrants chimiques, tout en rA�duisant le taux de produits agricoles importA�s.

Une agriculture biologique locale, forte et efficace, en garantissant une qualitA� supA�rieure des produits par-rapport A� la concurrence, faciliterait la diffusion des produits locaux. Un label national bio, valorisant le produit, rassurant le consommateur, rendrait possible les conditions da��un vA�ritable commerce A�quitable, A�A�Bio Made in SA�nA�galA�A�, A� la��export. Ce na��est pas le rA?le de la��Etat de dA�livrer ce label bio aux acteurs, il peut sa��agir de structures privA�es comme ca��est le cas en Europe. Les Etats et la��Union EuropA�enne encadrent, par une sA�rie de rA?glements A� suivre pour les acteurs de la filiA?re et les OC (organismes certificateurs), mais na��interviennent pas dans la dA�livrance mA?me du certificat qui se fait par des organismes privA�s. Le cadre rA�glementaire des Etats agit donc comme une loi sur les Organismes Certificateurs qui doivent le respecter pour qua��en bout de course, ces derniers dA�livrent le label aux acteurs.

La��agriculture biologique est aussi victime da��un vA�ritable manque de visibilitA�, de part les acteurs eux-mA?mes mais aussi le consommateur, qui peut choisir de devenir un vA�ritable actif, en prA�fA�rant acheter local et naturel (bio) plutA?t qua��encourager le quasi-monopole de produits importA�s sur le marchA� sA�nA�galais de la��agro-alimentaire. La��agriculture locale, pour A�merger, non seulement doit A?tre visible dans les rayons de supermarchA�s, boutiques, mais doit aussi A?tre compA�titive. A cet effet, un contrA?le efficace par une agence de rA�pression des fraudes pour la production locale et les produits importA�s serait un pas dA�cisif. Car A� cette confusion de la��appellation A�A�bioA�A� sa��ajoutent, dans les rayons de nos boutiques et supermarchA�s, faute de contrA?le, de nombreux produits avariA�s, donc possiblement nA�fastes pour la santA�, qui dA�ferlent sur le marchA�, A� bas prix.

Certains exportateurs A�trangers, uniquement motivA�s par leur marge bA�nA�ficiaire, se sont engouffrA�s dans cette brA?che inquiA�tante, bien contents de vendre aux importateurs locaux ce qui aurait dA� A?tre pour eux une perte sA?che (destruction ou dA�classement de leurs produits avariA�s du marchA�). Ces produits, moins chers que les produits locaux, sont une concurrence dA�loyale pour les producteurs locaux en plus da��A?tre une atteinte A� la santA� publique.

Certes, A� la��heure actuelle, les produits bios locaux, plus coA�teux que les produits importA�s, sont plutA?t accessibles aux classes sociales A�levA�es, qui ont un rA?le actif, et crucial, A� jouer. En stimulant, par leurs achats de produits bios, la production locale, elles pourraient bien faire en sorte que les acteurs de cette filiA?re, grA?ce A� de meilleurs bA�nA�fices, puissent rA�duire leurs prix de vente, ce qui mettrait A� la portA�e da��un nombre grandissant de personne des produits sains tant pour la��humain que son environnement.

Quelques adresses A�A�bioA�A�

  • Dakar Farmers Market, un marchA� agro et artisanal
  • MarchA� bio en ligne
  • Cultivateur bioA�: Richard Dewersea�Z A� Yenne, route de Toubab Dialaw. Actuellement, produit des tomates A�A�poires jaunesA�A�. Divers fruits. Graines da��Europe non traitA�es. TA�l.A�: 77 340 01 22.
  • Association Kokopelli / contact@kokopelli-semences.fr
  • Enda Pronat
  • Agrecol Afrique, ONG sA�nA�galaise crA�A�e en 2002A�: http://agrecol-afrique.net
  • PAN Afrique, Ceftin generic cost www.pan-afrique.org
  • ASPAB, Association sA�nA�galaise pour la Promotion de la��Agriculture Biologiquie et Biodynamique . CitA� CarrA?re, ThiA?s/ page Facebook ASPAB ASPAB
  • Rodale International, (USA)A�: http://www.rodaleinc.com/
  • Les Brigades Vertes Association franco-sA�nA�galaiseA�: www.bvclichy.com
  • SOL, Alternatives A�cologiques et solidaresA�: www.sol-asso.fr
  • Ferme agroalimentaire Burok-Silinkine (rA�gion de Ziguinchor). FondA�e en 2012. MaraA�chage, A�levage, agriculture fruitiA?re, pisciculture. TA�l.A�: 77 743 45 69 / 824 08 14 / ajocom2@gmail.com
  • Centre de formation en agriculture biologiqueA�: Ferme de NdiA�mane (sud de Mbour)

export.com,A�Laure MalA�cot, avec la collaboration de Nicolas Payonne.acquire nolvadex


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